CatégorieDossier

MOOC – Vers de nouvelles formes de pédagogies

dossier mooc - nouvelles formes de pédagogie

Dossier MOOC – approche alternative (plus ou moins).
Ce qui précède :
Part 1, Introduction et contexte
Part 2, Définition d’un MOOC

Ce qui suit :
Part 4, La place et le rôle de l’enseignant.

 

Vers de nouvelles formes pédagogiques

Plus que l’objet MOOC, au sens propre, c’est plutôt la résultante d’un certain nombre d’évolutions technologiques (audience connectée et accessible via les réseaux sociaux ; diffusion de ressources facilités ; solutions techniques pertinente), l’émergence de nouvelles formes de pédagogie et les perspectives qu’elles offrent qu’il faut ici considérer.

Car, les MOOC ne sont pas l’expression définitive et immuable d’un enseignement réinventé ; du moins tel que l’envisagent déjà certains acteurs privés ; ou encore, comme le laisse penser parfois certains tenants du débat qui fait rage. Ils constituent surtout un vaste champ d’expérimentations qui ont pour objectif de redéfinir les cadres d’apprentissage, aussi mouvants soient-ils, dans un monde hyper connecté qui autorisent, dorénavant, un partage et une participation active de l’apprenant à l’enseignement dispensé ; lui-même pluriel, ouvert et soumis [nécessairement] à controverse, selon le sens donné par Bruno Latour et Dominique Boullier (voix dissidentes dans ce débat).

 

S’élever dans la controverse

Pour ce dernier, l’enseignement des controverses (dont vous trouverez ici l’une des illustrations) est le seul à permettre l’appropriation des éléments clés de savoirs parfois très complexe et l’exploration de l’immense champ des connaissance désormais disponibles sur les réseaux ; d’en saisir la diversité des sources et des interprétations et d’être capable, au terme de ce processus, de se façonner une opinion pleinement consciente et libre : la mise en situation ou l’expérience concrète comme fondement de tout apprentissage. Autant que peut l’être la sollicitation de chacun de nos sens dans le travail de la mémoire.

 

Attention modifiée

Ceci pose les principes de la pédagogie active, les bases d’un enseignement distribué et collaboratif, assez proche finalement des méthodes connectiviste sur lesquelles s’appuient les cMOOC, capable d’offrir une tentative de réponse pertinente à ces nouveaux enjeux éducatifs. Parmi lesquels, la capacité, d’une part (comme déjà évoqué) à établir des connexions entre les différents champs du savoir, plaçant le méta-apprentissage au centre de la démarche. D’autre part, la question de la dynamique relationnelle et du lien social nécessaire à l’épanouissement des individus (en considérant son éventuelle dissolution dans un contexte spatial décentralisé).

Enfin, un mode d’apprentissage adapté aux générations actuelles qui, dans ce contexte technologique de surabondance des données et de multiplication des moyens d’y accéder, ne connaissent, n’intègrent, ne synthétisent ni ne consomment l’information comme les précédentes. Et impose de trouver les solutions techniques et méthodologiques pour capter cette attention modifiée. Non que celle-ci est moins importante ou défaillante mais « plus extensive et multiplexée et moins intensive et focalisée sur des objets uniques », selon Dominique Boullier. Presque un nouveau langage. Pour de nouvelles structures narratives.

 

Littératie Digitale

En jeu, dès lors, la nécessité qu’ont ces mêmes générations à s’approprier les techniques spécifiques leur permettant de produire et comprendre ce nouveau langage et de mettre en perspective le contexte technologique dans lequel elles évoluent ; entendu que celles-ci ne doivent se substituer à l’acquisition des savoir-faire élémentaires telles que la pédagogie transitionnelle le propose (dispositions intellectuelles et pratiques, capacités générales de raisonnement et d’analyse) mais s’y adosser, en être une forme de prolongement rendant compte des évolutions anthropologiques et sociales.

En gros, quatre axes à envisager comme des pré-requis indispensables (ou littératie digitale, de l’expression proposée par Francois Pisani et Dominique Piotet dans « Comment le web change le monde ») : l’apprentissage des outils numériques et des technologies web (qui renvoie, d’ailleurs, à la confusion entre le comportement, l’usage relativement stéréotypés et le peu de maîtrise réelle de ces outils par les générations actuelles), des différentes formes d’écriture (web, vidéo : « Nos outils d’écriture participent à l’éclosion de nos pensées » – Nietzsche), des principaux langages de programmation dans un monde de plus en plus soumis aux lois du numérique ; le contrôle de son identité numérique ; ou encore la culture de l’image (son contenu, son sens, son contexte), omniprésente et devenue le canal de communication privilégié de nos sociétés, quelque soit son format.

Signes effectifs d’échec

Sur ce dernier point (cette question n’est pourtant pas nouvelle), les institutions semblent, jusqu’à présent, avoir échouée.

D’ailleurs, cet échec autorise et perpétue, précisément, ce spectacle navrant où se confondent, dans la perte totale du sens, le divertissement, la politique et la publicité (les marchands de symboles ; saviez-vous, par exemple, que Lu, « créateur de biscuit depuis 1846 », ouvrait le champ des possibles ?!) ; Trinité de nos sociétés contemporaines dont le « temps de cerveau disponible » de Patrick Lelay en serait la parole révélée… Lui-même a déjà pris la pose !

Autant qu’une grille de lecture, c’est développer également une conscience et responsabilité citoyenne qui semblent totalement étouffer par cet asservissement quotidien sur la pensée.

 

L’apprentissage mixte

Pour l’heure, les expérimentations et l’abstraction théorique se confrontent au principe de réalité (application concrète à l’orée des premières utopies !). Dès lors, la question des MOOC et, plus largement, celle des TICE (Technologies de l’Information et de la Communication pour l’Enseignement), tend également à engendrer des formes pédagogiques hybrides. Ou à en démocratiser la pratique, du moins.

Parmi elles, la pédagogie inversée consiste ainsi à fournir aux étudiants un ensemble de ressources (vidéos, lectures diverses, recherche d’informations) en amont du cours ; cette première phase d’apprentissage, réalisée de façon autonome et proactive, permet de réserver le temps d’enseignement à l’encadrement, l’interaction (avec l’enseignant et entre les apprenants eux-mêmes), l’approfondissement et la manipulation de notions complexes et la co-création de contenu. Les cours magistraux, par exemple, deviennent des lieux de débats ou des espaces collaboratifs dédiés à la recherche et aux travaux pratiques, permettant l’acquisition directe de connaissances liées à l’extrémité supérieure de la taxonomie des objectifs éducationnels de Bloom (pour les plus curieux !) : les capacité d’analyse, de synthèse et d’évaluation (des autres et de soi-même). Cette dernière renvoyant, par ailleurs, au mode d’évaluation par les pairs ; rendant possible sa mise en œuvre (ce point sera abordé dans la prochaine partie du dossier).

La pédagogie inversée est déjà largement appliquée dans d’autres pays (Etats-Unis, Canada) ou contextes plus spécifiques (préparation du concours d’internat en médecine, formation professionnelle dispensée par l’AFPA notamment). Le retour d’expérience semble prometteur : une augmentation de l’assiduité (20%) et du taux de réussite (33%) des élèves américains constatée. De même que les premières expériences, sous forme d’apprentissage mixte, entre la San Jose State University et edX (plate-forme de MOOC fondée par le Massachusetts Institute of Technology et l’Université de Harvard) semblent également donner des résultats concluants. Selon les mêmes dispositions, les étudiants suivaient les cours magistraux d’électronique sur edX (MITx 6.002x Circuits and Electronics) et réservaient le temps de classe pour résoudre des problèmes et poser des questions aux enseignants. Le taux de réussite aux examens ont augmenté considérablement (de 55 à 91%) – (Les MOOC déshumanisent-ils l’enseignement ?, Matthieu Cisel).

 

Y a encore du taff !

En France, les expérimentations tiennent davantage de l’ébauche ! L’exception culturelle française ; cette incapacité aussi de se saisir des questions actuelles et être partie prenante des enjeux de demain (ceci quelque soit le domaine)…

Quelques chiffres sur la situation de l’accès à la connaissance et à l’emploi, en France (source MESR, avril 2013) : 38% des jeunes, seulement, issus de parents ouvriers et employés, 70% de ceux issus de niveaux d’instruction supérieurs (professions libérales, cadres, enseignants), 3/10 étudiants abandonnent le cursus universitaire, 1/3 sortent sans diplôme ; taux de chômage des moins de 25 ans : 25,7%.

Et ce ne sont que quelques indicateurs témoignant des défaillances du système éducatifs français et son impossibilité à offrir l’égalité des chances sensée constituer l’un de ces fondements. Celle-ci n’existe pas (et n’existera jamais) dès lors que cohabitent enseignement public et privé ; ce dernier discriminant de nature et veillant, de par les modes et les critères de sélection, la précocité du choix d’orientation ou le peu de moyens et d’intérêt accordés à la formation continue (pas de seconde chance possible après interruption des études), au maintien d’une caste dirigeante et des couches sociales privilégiées. Bref, y a du taff pourtant…

 

(405)

MOOC – Définition

mooc-img-2

Dossier MOOC – approche alternative.
Ce qui précède :
Part 1, Introduction et contexte

Ce qui suit :
Part 3, Vers de nouvelles formes de pédagogies,
Part 4, La place et le rôle de l’enseignant.

 

Suite du dossier consacré aux MOOC. Après l’introduction, passons à une partie plus « technique » et tentons de regarder précisément cet « objet MOOC » à l’origine de toute cette frénésie !…

Diversité dans leur cadre théorique, donc, qui fluctue largement au rythme des opportunités économiques que certains voient se dessiner. Diversité dans leur forme aussi dans le bouillonnement des projets actuels et à venir ou selon les traditions pédagogiques privilégiées.
Car dans cette petite hystérie collective qui saisie, tout autant, le monde de la formation et du e-learining (centres de formation professionnelle, éditeurs de LMS, éditeurs de vidéo de formation, plateformes dédiées, etc.), chacun entend jouer des coudes pour assurer sa position ; sur Google plus qu’ailleurs. Tous, bien décidés à capter cette nouvelle rente, toute source confondue (capital-risqueurs, subventions publiques), qui s’offrent à eux ; soucieux, toutefois, d’invoquer leur intention altruiste et humaniste.

Il convient donc de rappeler le noyau dur de propriétés qui leurs sont généralement associées. Ces derniers mots et l’essentiel de la définition qui suit (probablement une des plus claires et concises glanées sur le web, et qui correspond plutôt bien à l’idée que nous nous faisons des MOOC) sont empruntés au très bon livre blanc édité par Unow et consacré à la conception d’un parcours d’apprentissage dans le cadre d’un MOOC. Pour une définition plus exhaustive, dirigez-vous vers l’incontournable Wikipédia.

 

Définition générale

MOOC : Massive Open Online Course ou cours en ligne ouverts et massifs in french. Selon ces termes, un MOOC est un cours conçus pour être diffusés en ligne avec des échéances, des examens, une reconnaissance en cas de réussite et des interactions entre apprenants et possédant au minimum les caractéristiques suivantes :

  • Structure de « cours ». Un MOOC est construit autour d’un flux temporel d’actions pédagogiques organisé autour d’objectifs d’apprentissage. Il possède une date de début et une date de fin,
  • En ligne, avec un point de ralliement. L’ensemble du cours se déroule sur le web et un espace en ligne permet aux participants de s’inscrire, d’accéder au contenu du cours et d’entrer en contact avec d’autres participants. Le terme « plate-forme » désigant l’environnement d’apprentissage,
  • Ouvert. L’accès est libre et gratuit pour tous, afin de remplir pleinement leur mission de démocratisation de l’enseignement supérieur. Des options payantes peuvent être toutefois proposées (tutorat, certification ; nous aborderons les alternatives de financement dans la partie consacrée aux modèles économiques),
  • Massif (potentiellement). Cette propriété découle des trois précédentes.

 

Structure d’un MOOC

Un MOOC se compose d’un ensemble de ressources et d’activités dont l’assemblage forme un ou plusieurs parcours d’apprentissage. Celui-ci forme le cheminement de l’apprenant.

 

Les ressources pédagogiques

Une ressource est un élément statique du cours :

  • Les ressources d’apprentissage : conçues avant le MOOC, elles forment la matière première du cours. Ces ressources peuvent être créées spécifiquement pour le MOOC ou pré-exister (cours magistraux en vidéo, manuels, supports de cours, objets d’étude, articles de blog, interviews, vidéos externes, etc.),
  • Les ressources d’accompagnement : conçues de préférence avant le MOOC, elles permettent d’orienter et de guider l’apprenant. Elles forment le liant des ressources d’apprentissage. Ces ressources sont toujours créées spécifiquement pour un MOOC (vidéo de présentation du cours, liste des ressources, liens utiles, tutoriels sur l’utilisation de la plateforme et de logiciels externes nécessaires au suivi du cours ou à la réalisation de projets, etc.),
  • Les ressources d’animation : conçues pendant le MOOC, elles permettent de l’événementialiser, de façon à rendre l’expérience vivante (outils de vidéo-conférence, annonce ponctuant le parcours pédagogique et se référant à l’agenda fixé, tchat, forum, réseaux sociaux, etc.).

Les activités

Une activité est un élément interactif du cours, souvent suit d’une évaluation (par l’équipe pédagogique et par les pairs) voire d’une certification.

  • Les activités individuelles, qui peuvent être réalisées par un participant seul.
  • Les activités collectives, qui nécessitent la participation de plusieurs apprenants (travaux de groupe, production collaborative via wikis, entraide, etc.).

Ressources pédagogiques. Unow

 

Deux grandes approches pédagogiques

On peut distinguer deux types de MOOC :

Les xMOOC

Les xMOOC s’appuient sur une approche pédagogique traditionnelle. Celle-ci repose sur une transmission verticale du savoir et privilégie la démarche didactique de l’enseignant (comme autorité et vecteur premier de cette transmission) tel que principalement pratiqué dans l’enseignement et les différents cursus de formation ; quand bien même que les outils numériques ont été intégrés au dispositif éducatif. Ces derniers servant avant tout à enrichir l’expérience de l’apprentissage.
Peu d’interaction, donc, entre les participants-apprenants du cours, les xMOOC proposent, pour l’essentiel, de fournir les connaissances nécessaires, au sein d’un même programme, visant à valider les compétences acquises par un certificat de réussite.

 

Les cMOOC

Les cMOOC reposent sur une approche pédagogique fondée sur la théorie de la connectivité, ou méthodes « connectivistes ». Ils proposent de réduire la centralité de l’enseignant à l’avantage d’un réseau d’experts externes et de mettre l’interaction entre les apprenants au cœur de l’apprentissage ; ceux-ci participant, pour une large part, à la création de contenu autour d’activités collaboratives (ou connectives, plus précisément) et d’un travail d’équipe pluridisciplinaire.
Les cMOOC privilégient l’émergence d’une sorte d’intelligence collective favorisant l’innovation et le progrès social. Deux types d’orientation : la résolution de problème et le développement de projet. Sur ce principe, certains apprenants se sont vu confier et mener à terme la réalisation de projets concrets au sein d’équipes internationales telles que l’implantation d’éoliennes ou de Call Centers au Togo, ou encore la fabrication d’une imprimante 3D.
Les objectifs étant de favoriser, plus fortement, l’autonomie et la capacité d’engagement des apprenants, de contribuer à manipuler des outils et des concepts et à développer des méta-aptitudes (relatif au « savoir-où » et à la capacité de vérifier l’authenticité d’une information).

tableau MOOC

 

En réalité et dans leur application concrète, les frontières sont souvent poreuses entre les principales approches pédagogiques et les caractéristiques des parcours choisis (challenge ou degré de difficulté, degré d’interaction, niveau de contrainte ou encore type de ressources utilisées, pré-requis nécessaires ; tel que modélisé par Matthieu Cisel) ; rendant ainsi de plus en plus difficile la possibilité d’en définir une typologie claire. Pour finalement en revenir au terme unique de MOOC. L’éternel retour des choses !

 

(2149)

MOOC – Introduction

mooc-img-1 Massive Open Online Course

Dossier MOOC – approche alternative.
Ce qui suit :
Part 2, Définition d’un MOOC,
Part 3, Vers de nouvelles formes de pédagogies,
Part 4, La place et le rôle de l’enseignant.

 

Introduction et contexte

Sujet brûlant du moment : les MOOC (Massive Open Online Course). Un acronyme, certes barbare (prononcez « MOC », in french)*, mais derrière lequel se cache surtout ce qui pourrait bien démocratiser définitivement l’accès au savoir et être à l’origine d’une modification radicale de l’enseignement et de l’éducation.

 

De multiples enjeux

Car, dans leurs applications les plus abouties et audacieuses, du moins tel qu’ils seront considérés ici (le cadre théorique fluctuant largement, en effet, au rythme des opportunités que certains voient se dessiner dans cette économie du savoir), les MOOC constituent bien plus que le simple passage du système éducatif aux outils numériques. Ils représentent une remise en question totale de son modèle (les méthodes et techniques d’apprentissage, l’évaluation, le système de valeur, les interactions entre les individus, les structures hiérarchiques, la propre légitimité des établissements du supérieur dans la transmission de connaissances, leur influence ici et ailleurs, la place de l’enseignant, etc.) autant qu’ils relèvent de multiples enjeux ; tout à la fois économiques, culturels et sociaux. Touchant en profondeur la structure et l’organisation même de nos sociétés, toujours un peu plus vacillantes.

Il est de bon ton d’évoquer un changement de paradigme en de telles circonstances ; souvent de manière excessive d’ailleurs. Il semblerait bien, toutefois, que l’expression n’est jamais été aussi bien adaptées. Internet (ou le web ; précisons tout de suite aux puristes qu’aucune distinction ne sera faite entre les deux termes) n’aura finalement, depuis ses origines, épargné aucun champ de l’activité humaine ; aucune institution. Même celles restées longtemps préservées à l’ombre de leurs traditions séculaires (ne restera plus qu’à faire éclater définitivement les institutions politiques… Les plus résistantes !). « Nos institutions luisent d’un éclat qui ressemble, aujourd’hui, à celui des constellations dont l’astrophysique nous apprit jadis qu’elles étaient mortes déjà depuis longtemps », nous dit, par exemple, Michel Serres dans Petite Pucette…

Internet change le monde, de force, inexorablement, par petits soubresauts successifs, par ce mouvement irréversible que Francis Pisani et Dominique Piote désignent, dans Comment le Web change le monde, par « alchimie des multitudes ».
Spécificités majeures, plutôt appropriées à notre affaire de MOOC : la mise en relation d’un nombre toujours plus grand de personnes et de données favorisant l’émergence spontanée de propriétés nouvelles, les notions de conservation comme nouvelle main invisible et d’organisation liquide sans frontières (géographiques, culturelles et sociétales) ni hiérarchie.
Dans ce contexte percent d’autres vecteurs de tension. Aussi, cette nouvelle dynamique relationnelle, à laquelle il devient plus que jamais nécessaire d’adhérer, se heurte violemment à la mécanique institutionnelle ; une mécanique à fort degré d’inertie.

 

La transmission du savoir

Les MOOC posent également la question de la transmission du savoir dans un monde où celui-ci est désormais accessible à tous, à tout moment et en tout lieu (sans même bouger ses fesses) grâce à Internet et aux nouveaux supports mobiles ; il est toujours et partout déjà transmis. Une somme de connaissance à portée de clic, immédiate et objectivée en ce qu’elle n’a plus de référents propres, qu’ils soient espace « concentré » (une université, un amphi, etc.), objets (de livres en bibliothèques, dictionnaires), de personne (un enseignant) ou de patrie (l’histoire, la tradition, la culture dominante, l’idéal paternalisme d’éducation des masses, etc.) presque clos à ce qui les entourent.
Pour reprendre l’énoncé de Michel Serre, comment, dès lors, transmettre le savoir ; que transmettre ; à qui le transmettre

Les MOOC apparaissent, techniquement et par les multiples projets et opportunités économiques qu’ils engendrent, comme une tentative de réponse concrète à ces questions et aux bouleversements de notre époque. Ceux-ci impliquent autant le rôle et la place de l’enseignant dans le processus d’acquisition des connaissances que la manière dont l’apprenant peut y être intégré.

 

Les mutations en cours

D’abord, l’éclatement des clivages culturels, sociaux et nationaux, la disparité des goûts et des pratiques culturelles (entre haute-culture, sous-culture et culture familiale), la multiplication des sources d’information et des modes de diffusion brouillent, selon Bernard Lahire (Sociologie des pratiques culturelles), le découpage des frontières symboliques entre les groupes sociaux et tendent à éroder le socle de connaissances et de valeurs communes.
Ensuite, dans un contexte où, d’une part, le mode de lecture linéaire cède sa place à l’hypertexte et où, d’autre part, les nouvelles technologies prennent peu à peu le pas sur les facultés de notre cerveau, au final « externalisées » (une extension de notre mémoire), l’accumulation de connaissances compte finalement moins que les capacités à développer des compétences techniques et conceptuelles ou à établir des connexions entre les différents champs du savoir. A ce titre, Georges Siemens évoque un méta-apprentissage devenant aussi important que l’apprentissage lui-même ; au « savoir-faire » et « savoir-quoi » s’ajoute le « savoir-où » (savoir où trouver les connaissances quand c’est nécessaire).
A tel point que ce « j’aime mieux forger mon âme que de la meubler » de Montaigne, dans une époque où l’écriture et l’imprimerie s’étaient déjà posées en rupture des modes de transmission et d’acquisition du savoir précédents, n’aura jamais été aussi approprié et nécessaire.

Les problématiques et les enjeux sont multiples et solidement nouer les uns aux autres. Nous tenterons modestement de participer un peu au débat et d’apporter quelques pistes de réflexion, conscients qu’un tel sujet est beaucoup trop vaste et complexe (et brûlant !) pour s’improviser.

A l’instar d’un MOOC d’approche « connectiviste » (nous verrons de quoi il en retourne précisément..) et parce que nous nous voulons fermement ancrés à notre époque (!), il sera d’ailleurs question de nous faire plutôt « agrégateur » de contenu ; l’essentiel des questions soulevées trouveront réponse au fils de liens hypertextes qui jalonneront ce dossier…

 

———–

* Les amoureux de la langue française préfèreront le terme de CLOM (Cours en Ligne Ouverts et Massif) ; d’autres encore, dans une volonté de rupture, auront plutôt recours aux DOOC (Distributed Open Online Courses) et COOC (Contributive Open Online Courses) ; enfin les plus intimistes choisiront les SPOC (Small Private Online Classes)… Un débat de chaque instant, donc !

 

(452)

Flat Design

C'est flat...design

Flat Design : Règles strictes et clairement établies, approche visuelle minimaliste parfois radicale ; réflexion globale sur le Web Design, partie intégrante d’un même mouvement comprenant le Responsive Design, volonté de bousculer les normes esthétiques imposées, au centre de quelques débats qui agite les acteurs concernés, etc. ; autant d’éléments qui pourraient permettre d’envisager le Flat Design comme l’expression d’une véritable intention artistique. Mais nous n’en sommes encore pas là…

ps : l’image d’intro du billet est un petit clin d’oeil à Say Fat, une boutique de tee-shirts appétissante…

Définition de Flat Design

Le Flat Design se caractérise par une approche visuelle minimaliste établie selon :

  • Une interface graphique y est essentiellement constituée d’aplats de couleurs
  • Dans sa forme la plus radicale : tout effet de dégradé, biseau, motif, texture ou volume sont définitivement écartés.
  • Si volume ou ombre il y a, ceux-ci sont représentés, selon ces mêmes spécificités : par de l’aplat.
  • Les formes simples (éléments graphiques et interactifs, icônes, interface globale) sont privilégiées
  • Les couleurs sont, le plus souvent, vives sur fond contrasté ; les couleurs primaires et secondaires étant largement privilégiées (teintes de bleus vifs, verts, jaunes, oranges, violets, notamment)
  • La palettes de couleurs est également plus étendues dans approche graphique (six à huit couleurs au lieu de trois dans la conception « classique »)
  • La structure des pages et la navigation, elles aussi, sont réduites à l’essentiel
  • En raison de cette simplification esthétique extrême, la typographie joue un rôle prépondérant et s’impose comme un élément graphique à part entière. Il en est de même pour la mise en page et les caractères de polices utilisés (« sans serif » sont préférés, à empattement variable). Le texte lui-même étant également réduit à l’essentiel

element flat design

Quelque infidélités ; le « presque flat »

Partant de ses fondements théoriques mais s’imposant une approche esthétique moins radicale, on constate des variations et divergences :

  • L’ajout (discret) de dégradés ou d’ombre portées
  • L’utilisation de textures
  • L’abandon de couleurs vives et saturées par l’ajout de blanc et de teintes globales d’orange, jaune ou bleu pour une esthétique rétro ; ou encore en privilégiant une palette de couleurs monochromatiques (dominante de bleu le plus souvent) accompagnées parfois d’une ou deux variations de couleurs (de cette variation, le vert est très populaire semble t-il).

La conception skeuomorphiste

Le Flat Design revendique, consciemment, une rupture totale à la conception skeuomorphisme. Ce terme consiste à donner à un objet virtuel l’apparence et tous les attributs d’un objet réel ; ceci, par l’emploi de texture (cuir, bois, papier), d’effets de transparence, de volume, etc. Tout l’inverse du minimalisme, donc.

icones flat design

Une approche esthétique apparue presque en même temps que les plus lointaines origines d’Internet (souvenez-vous : les background de site Internet avec des feuilles à petits carreaux maintenues par un trombone. #nostalgie..) pour atteindre son ultime (et bien plus subtile toutefois) aboutissement chez Apple et l’iconographie de ses applications mobiles ; ceci, dans un jeu de broderies ou de matières d’un réalisme parfois ahurissant (!). Hypothèse sociologique et anthropologique : l’illusion de la réalité rassure devant les manifestions de ce monde virtuel, étrange et lointain. Tout est affaire d’illusion, toujours, trop.. « La vie a besoin d’illusions, c’est-à-dire de non-vérités tenues pour des vérités. » (Friedrich Nietzsche).

Le signe de maturité du Web Design ? 

Bien plus que l’affirmation de principes esthétiques et conceptuels, le Flat Design entend surtout résoudre les questions de fonction. Un champ d’expérimentation et de réflexion (pour les projets les plus aboutis) au travers desquels la fonction prime définitivement sur la forme : en d’autres termes, faire que l’apparence d’un élément graphique découle uniquement de sa fonction et de ses interactions pour apporter une solution simplifiée et cohérente aux besoins des utilisateurs ; une expérience utilisateurs (UX) optimale.

Signup flat design

Peut-être pourrait-on voir dans cette approche une signe de maturité du Web Design ? Car le Flat Design permet, finalement, à l’instar du Responsive Design (qui est à considérer comme l’aspect technique d’un même mouvement), d’interroger des fondements mêmes de la discipline et ses véritables enjeux : les éléments d’interaction et leurs articulations au sein du dispositif, la hiérarchisation et de l’information et son appropriation par l’utilisateur, etc. (voir les ces quelques réflexions complémentaires, entre autres, abordées dans l’introduction et état des lieux du Responsive Design).

Une simplification du discours (dans le sens : la démarche du projet en elle-même), en somme ; entre individus (concepteurs et utilisateurs) responsables et pleinement conscients dans leur rapport à l’objet. A ce titre, Allan Grinshtein (de LayerVault) faisait récemment référence à l’idée de « conception honnête » et exprimait la nécessité pour le designers de s’affranchir des codes visant à représenter les attributs du monde réel dans leur démarche conceptuelle.

Un courant artistique ?

L’enjeu finalement n’est pas si différent de ce qui se joue dans cette bonne vieille dualité théorique qui a depuis toujours échauffé les esprits (dans le sens : alimenté les débats) en design comme en architecture (le « Form follows function » de Louis Sullivan comme devise du fonctionnalisme) par exemple. Ceci avant de poser la nécessité d’un retour à la forme ; parce que l’humain dans toute sa complexité, ses désirs et sa Volonté (au sens de Schopenhauer) est bien plus que le simple rapport à la fonction et au rationnel ! I Need Something More s’efforcent de nous répéter les Dafts Punk dans le magnifique Touch (Daft  Punk, c’est placé !).

Là, toutefois, n’est pas la question. Et si les évènements semblent se faire écho, tout ça s’inscrit inexorablement dans le sens de l’histoire.

Et l’histoire de l’Art (peinture, architecture, littérature, ou cinéma, notamment), d’ailleurs, en est une parfaite illustration ; chaque nouveau mouvement s’opposant, de façon souvent radicale, au précédent (celui devenu une norme, tellement bien installée, tranquillou bilou, qu’elle en devient mortifère..) : l’impressionnisme succédant à l’académisme ; la nouvelle vague au cinéma de studio, l’architecture moderne faisant « table rase » de l’ornementation.

Mobile Flat Design

Toutes ces ruptures entretiennent presque toujours un rapport particulier à la technique. Plus précisément, les innovations technologiques et évolutions sociales conduisent certains à repenser les acquis et les règles imposées : la photographie et la révolution industrielle voient apparaitre les premières expressions de ce qui sera nommé l’impressionnisme ; le béton, notamment, favorisera l’architecture moderne ; l’apparition de nouveaux appareils (caméra et magnétophone) permettra aux cinéastes de quitter les studios et d’inventer de nouvelles formes narratives, etc.

Flat Design = Responsive Design

Bref, pas si éloigné de ce que laisse entrevoir notre affaire : le Flat Design et le Responsive Design, l’expression d’un même mouvement devant de nouvelles contraintes (vitesse de chargement, contenu adapté aux différents supports et contextes, etc. Voir nos dossier sur le Responsive Design à ce propos) et les nouveaux enjeux de la mobilité.

En fait, on serait bien tenté de dire, en contrepoint du débat actuel, que nous sommes face à une rupture et l’émergence d’une véritable intention artistique (ne mâchons pas nos mots !) dans la courte histoire du Web Design mais déjà riche ; au regard de cet « espace-temps Internet » dans sa fulgurante accélération et des mutations technologiques auxquels il est soumis.

Principales difficultés de cette apparente simplicité

Rapidement, si l’intention première s’inscrit dans cette simplification de la forme (esthétique) et du discours, le Flat Design appelle à une approche conceptuelle bien plus complexe et exigeante qu’il n’y parait. Complexe dans la mesure où rien, aucun artifice, ne permet de détourner de la véritable fonction de chaque élément ; chacun d’eux (des règles générale de la typographie jusqu’au choix des couleurs) jouant un rôle prépondérant dans la conception et la compréhension du dispositif.

Conclusion

Ici, chez tuto.com, on aime bien le Flat Design ; on trouve ça très swag (d’ailleurs la prochaine version du site s’inspire du flat design, disons presque flat  – voir capture – et vous devriez voir fleurir très prochainement des tutoriels et formations consacrée au Flat Design) !…

flat design tuto.com

Une petite preview de la v3 de tuto.com en flat design

Mais peut-être, tout ceci est-il bien plus simple, anecdotique et fugace qu’on veut bien se l’avouer et comme le témoignage (pas totalement contradictoire..) de François Le Pichon nous inviter à le penser..

Témoignage de François Le Pichon (Steaw NY)

Le Flat Design est incontestablement la grosse tendance UI Design du moment. Plus qu’un pivot esthétique, je parle du passage du skeuomorphisme à l’aplat de couleur, c’est également une tendance en parfaite adéquation avec le contexte technique du moment. Ainsi le responsive, le cross platform, le hosting, le templating, … tout est plus « simple » en Flat Design. Après, graphiquement, on voit de très belles choses, colorées, mais parfois un peu trop plate pour le coup. C’est un mouvement en maturation, reste à espérer qu’un juste milieu entre simplification et appauvrissement soit vite trouvé.

Ressources :

Pour approfondir le sujet :

(9881)

Dossier Responsive Design – Etat des lieux

rwd-img2

Responsive Design

État des lieux chiffré et prospective

 

La mobilité ; le web et les nouveaux usages

Le Responsive Design ne peut s’appréhender sans la notion même de mobilité et l’évolution des supports/média qui en sont liés, puisqu’en se définissant comme un ensemble de solutions techniques adaptées à ce nouveau contexte, une nouvelle norme presque, il en est sa conséquence directe. Aussi, avant de s’intéresser plus précisément à ses aspects techniques, il nous semblait important d’étudier, dans un premier temps, les grandes tendances des comportement associés à de nouveaux dispositifs mobiles.

 

Mettre en relief un ensemble d’indicateurs qu’il ne faut pas négliger au regard des évolutions structurelles profondes que la mobilité engendre autant que les perspectives de croissance importantes qu’en synthèse la plupart des études s’accordent à présenter.

 

Un rapide état des lieux qui a pour objectif, d’une part, de mieux comprendre la manière dont la mobilité redessine le paysage, présent et à venir, d’Internet (dans ses usages) et, plus globalement, de l’accès à l’information. Et, d’autre part, de permettre, d’entrevoir les possibilités et les enjeux inhérents aux différents champs d’application du web (technique, ergonomique, économique, marketing, communication cross media,etc.) et à ses acteurs.

Ceci, non dans le but de convaincre de la nécessité d’intégrer de façon péremptoire le Responsive Design à ces projets et stratégies. Mais de mettre en relief un ensemble d’indicateurs qu’il ne faut pas négliger au regard des évolutions structurelles profondes que la mobilité engendre autant que les perspectives de croissance importantes qu’en synthèse (car dans les détails, les intérêts et objectifs divergent parfois) la plupart des études s’accordent à présenter.

rwd-ventes

Des dispositifs mobiles, seront bien sûr écartés les « features phones » pour ne s’intéresser qu’aux tablettes et smartphones. Pour plusieurs raisons. D’abord, parce que si ces derniers ne représentent encore que 18% du total des terminaux en usage, ils constituent environ 85% du trafic web mondial (selon Cisco). Ensuite, pour la place prépondérante et croissante qu’ils occupent et par les innovations technologiques, le volume de données échangées, la vitesse de connexion ou les opportunités économiques qu’ils entrainent. Selon Luke Wroblewski (Mobile First), le nombre des smartphones vendus dans le monde a d’ailleurs dépassé celui des ordinateurs, depuis 2010 ; précédant de 2 ans « les prévisions les plus audacieuses ». A peu près à la même période, l’échange de données mobiles devançait le trafic vocal.

Si les raisons sont sans doute multiples (cycle de vie plus court, baisse des prix, amélioration des réseaux de bande passante, objet transitionnel et central de nos sociétés modernes, ou un accès sans cesse renouveler et évoluer de son moi augmenté, etc.), ces premiers chiffres témoignent déjà, à lui seul, de la portée de cette révolution et des enjeux à venir, laissant présagé que les smartphones (et tablettes, dans une moindre mesure) pourraient devenir le premier moyen d’accès au web en 2013. Et, comme le souligne Comscore, « la prolifération des appareils connectés à internet conduit sans aucun doute à la fragmentation de l’environnement du média digital ».

 

Le trafic web mobile

S’il est vrai qu’en terme de volume, l’Internet traditionnel (desktop) reste toujours loin devant le web mobile, ce dernier ne cesse de progresser : 10% environ aujourd’hui contre 4% en Décembre 2010 et seulement 1% en Décembre 2009. Dans de nombreux pays, le trafic Internet mobile a triplé en moins de deux ans. Ceci malgré une disparité notable : en Asie, la part du web mobile représente 18 % contre 15% en Afrique, 8% en Amérique du nord et 5% (près de 8%, si l’on inclue les tablettes) en Europe.

 

Si le trafic Internet mobile est naturellement plus exacerbé et homogène des les pays émergents, il existe des disparités de consommation bien plus marquées dans les pays développés en fonction des terminaux utilisés et des lieux de consultation.

 

Une différence qui s’explique principalement du fait que les pays émergents – chine, Russie, Brésil, Inde – privilégient largement le déploiement du réseau mobile, bien moins onéreux et complexe que les infrastructures filaires traditionnelles, initialement assez peu développées (au Ghana, par exemple, le trafic Internet mobile s’élève à 44%). Par ailleurs, précisons que la pénétration des usages numériques dans ces pays, déjà importante, progresse extrêmement rapidement ; Internet et les terminaux mobiles s’étant imposés comme des « outils très populaires de divertissement et de communication », avant même l’Internet traditionnel.
On constate, par ailleurs, que la répartition du trafic issu des appareils mobiles (smartphones et tablettes réunis) est également très hétérogène au sein même de l’Europe : 30% environ au Royaume-Uni contre 7,2% en France, (Comscore). Les taux d’équipement et de pénétration explique en grande partie cet écart. Aussi, comme le souligne Comscore, peut-on y voir des opportunités de croissance intéressante pour la France, quelque soit le domaine d’activité.

rwd-traficEmail

Dans ces perspectives, IDC, spécialisé dans l’étude des évolutions technologiques, prévoit notamment 2,1 milliards de terminaux mobiles connectés d’ici 2016 (3,4 milliards en 2015 selon Ericsson ; disparité également dans les prédictions, semble t-il ! Pour Cisco, c’est 10 milliards de devices mobiles connectés appareils en 2017. Bref…), dont plus de la moitié provenant des pays émergents (d’après une étude publiée par le cabinet de conseil Boston Consulting Group). De quoi redessiner en profondeur les modèles économiques autant que les domaines du marketing et de la communication, car il est à prévoir les contenus seront prioritairement créés pour ces marchés avant d’être adaptés aux marchés des économies développées (article : Going Global Means Going Mobile in Emerging Markets, Nielsen).

Pour l’heure, alors que le trafic Internet mobile est naturellement plus exacerbé et homogène des les pays émergents que les consommateurs connectés en Europe ou aux États-Unis, et que s’y affirment déjà quelques particularités culturelles et sociologiques (telle la manière – presque sans surprise parfois -, pour chaque population, de s’approprier cet objet statutaire dans la relation entre soi et les autres ; quelques particularités que nous aborderons dans une prochaine partie), les usages numériques restent, globalement, encore similaires. On constate, toutefois, des disparités de consommation bien plus marquées dans les pays développés en fonction des terminaux utilisés et des lieux de consultation.

 

Les nouvelles habitudes de consommer de l’information

Dès lors, comment s’orientent plus précisément les comportements des utilisateurs de terminaux mobiles dans tout ce trafic (de données). Là encore les statistiques divergent quelques peu (et nous renvoient plus que jamais, à la subjectivité de la réalité et l’interprétation qu’on lui donne ; autant d’ailleurs que la vérité…). Aussi, tenons-nous en, ici, principalement à une sorte de synthèse essentiellement alphabétique…

 

Un transfert d’usage tel qu’il aura d’ailleurs conduit Google à mettre le mobile au cœur de sa stratégie de développement.

 

Avec notre nouvelle capacité, que la démocratisation des appareils mobiles nous donnent, d’accéder partout et à tout moment à Internet, les manières de consommer l’information s’en trouve invariablement changées. En fait, l’utilisation de ce dernier n’a d’ailleurs jamais été aussi diverses, tant dans ses modes d’accès que dans ces usages. En résulte plusieurs tendances. On retient d’abord que 15% des ouverture d’emails s’effectue déjà via un appareil mobile, dont 70% (moyenne mondiale) sont des utilisateurs de smartphones. Malgré quelques disparités bien marquées (Inde, Turquie. Mobile Consumer Report, Nielsen) -, l’emailing constitue donc le principal moyen d’accès à internet, suivi par les réseaux sociaux (une activité quotidienne pour près de la moitié des possesseurs de smartphones, selon Comscore), le divertissement (musique, video ; l’audience du marché de la vidéo en ligne a affiché une augmentation de 110% sur mobile au cours de l’année 2012 contre 1% sur desktop, toujours selon Comscore. Pour Cisco, elle devrait représenter 2/3 du trafic mondial en 2017), le e-commerce où les terminaux mobiles se présentent avant tout comme un outil d’aide à l’achat (nous aborderons ce sujet plus en détail dans un prochain billet), et la recherche d’informations. Cette dernière a connu une croissance de plus 600 % sur téléphone mobile entre 2008 et 2011 ; un transfert d’usage tel qu’il aura d’ailleurs conduit Google à mettre le mobile au cœur de sa stratégie de développement.

rwd-motifs

Aussi, il semble qu’à mesure que les usages en mobilité gagnent en maturité, l’accès direct au web s’intensifie ; laissant présager que les applications mobiles n’en seront plus le principal point d’entrée. Pour l’heure, ces dernières restent, toutefois, largement dominantes pour de nombreuses usages (jeux, réseaux sociaux, sites d’actualités ou encore les applications sollicitant les capacités matérielles de l’appareil). S’appuyant sur un échantillon de 4000 sites, AT Internet enregistre, à ce titre, une hausse d’utilisation des applications de 57,5%, en France, sur le premier trimestre de l’année 2012 au détriment du trafic web « traditionnels ».
Difficile de dire, si cette croissance record provient d’un engouement particulier pour les applications, ou si ce succès est dû en grande partie au fait qu’elles ont compensé, jusqu’à présent, le manque de sites et services adaptés au web mobile.
Précisons néanmoins que, selon une récente étude réalisée par Médiamétrie (L’audience de l’internet mobile en France en février 2013), la répartition des accès à l’Internet mobile entre sites et applications reste stable : plus de 9 mobinautes sur 10 (92,2%) ont visité au moins un site sur mobile et plus de 7 sur 10 (77,7%) au moins une application.
Aussi, quelles que soient les technologies et les choix stratégiques qui en sont liées (question qui sera développée dans un prochaine partie), ces résultats témoignent, à nouveau, que le web mobile ne cesse de progresser et de fragmenter les usages.

 

La répartition du trafic web ; human connected day !

Car si l’on s’intéresse à la répartition du trafic web au cours des différentes heures de la journée en Europe, on peut remarquer (voir graphiques : Répartition du trafic) un écart d’utilisation notable entre les différents supports de consultation. D’une part, l’accès à Internet s’effectue via l’écrans nomades davantage le matin et dans le courant de la nuit de manière bien plus marquée. Aussi, l’ordinateur continue à être principalement utilisé le reste de la journée (entre 10H et 18h ; en bref, durant les horaires de bureau), laissant ensuite progressivement la place aux terminaux mobiles (peut-être, si l’on admet une économie numérique qui restent somme toute encore marginale au regard de l’économie mondiale, l’implication au travail en trouve t-elle profondément affectée !).

rwd-part-trafic

D’autre part, on observe que, si l’accès à Internet depuis les terminaux mobiles est de proportion égale le matin, l’écart entre ces derniers semble se creuser à partir de 18h. Les tablettes sont, en effet, plus directement à l’origine du trafic, en cours de la nuit ; ceci pouvant s’explique par le confort d’utilisation de ce support, une sorte compromis idéal entre la mobilité et la taille de l’écran. Peut-être cette différence vient-elle également des motifs mêmes de cet usage, davantage orienté (et adapté), à ce moment de la journée, vers des activités tels la lecture, la recherche d’informations ou le m-commerce.

Il est intéressant de constater, par ailleurs, que cette répartition du trafic web est globalement beaucoup plus homogène en France, à la fois dans l’utilisation de l’ordinateur en milieu de journée, ou dans l’écart d’usage des terminaux mobiles. Sur ce dernier point, il semble en effet que les mobilautes français utilisent plus majoritairement leur smartphone pour accéder à Internet, en soirée.

 

Des usages complémentaires

Devant ces tendances, il semble qu’apparaisse une complémentarité importante entre les différents supports des connexions : desktop, smartphone, tablettes mais également TV connectée.

D’abord, contrairement à ce que l’on pourrait penser, les usages de l’internet mobile se font majoritairement à la maison. Ensuite, la progression du web mobile ne se fait pas au détriment de l’Internet traditionnel (selon Deloitte, 80% des données en circulation sur Internet continueront d’être générées par des ordinateurs personnels traditionnels) mais surtout au travers d’une augmentation du temps passé devant les écrans (26,9 heures, en moyenne, en Europe et une progression de 7% sur l’année 2012, selon Comscore).
De même, en s’attardant que l’évolution globale des ventes de supports informatiques (voir graphique), on observe que, loin d’être en déclin, les ventes d’ordinateurs continuent à progresser. Enfin, les usages de chaque supports diffèrent en fonction du motif et du contexte de consultation. Ce point sera abordé plus en détail dans un prochain billet, mais déjà, on remarque que l’accès à Internet via un ordinateur desktop s’effectue principalement dans un cadre professionnel (ressources, documentation, recherche d’informations et d’inspiration) ; le smartphone s’inscrit d’abord comme un outil relationnel (réseaux sociaux, emailing) et de recherche d’informations localisées en lien direct avec un environnement quotidien ; les tablettes, comme on a pu le voir, vont être davantage consacrées à la lecture, la recherche d’informations diverses (culture, actualité) et le m-commcerce, alors que la TV connectée servira avant tout à des activités de loisirs (jeux vidéo, films, programme en replay).

 

Des usages qui s’inscrivent, en tout état de cause, dans une consommation d’internet multi-écran (multi-canal) en fonction des besoins et du moment. Contribuant à enrichir l’expérience utilisateur et à gagner en interopérabilité.

 

Il est certain que tout ceci se modifiera à mesure que les avancées technologiques, l’offre de sites et services adaptés, le renouvellement du parc mobile (comme des générations d’ailleurs !), l’appropriation toujours plus grande et avisée des technologies par les individus, ou encore la vitesse de connexion, évolueront et s’étendra les espaces de stockage de données en ligne (le Cloud, le fameux !) ; chaque support devenant, avec temps, de plus en plus spécifique dans son utilisation.

 

L’impact de l’Internet mobile très haut débit

Le développement de l’Internet mobile n’est évidement pas dissociable du déploiement de la couverture réseau et l’accroissement de la vitesse de connexion ; deux facteurs déterminants qui, conséquemment, entraînent l’augmentation de la quantité moyenne de données transmises.
Aussi, à titre de comparaison, quand un smartphone actuel (équipé de la 3G et 3G+) permet un transfert de données mobiles 50 fois plus important qu’un téléphone cellulaire de base, chaque connexion en 4G génère en moyenne une consommation de données 19 fois plus forte que sur les technologies précédentes. L’augmentation de la vitesse de connexion a également un impact direct sur les habitudes de consommation (les réseaux étant plus rapides ; plus important est le nombre de sites visités ; plus grands également les occasions ou les motifs de consultation, pour lesquels les données vidéo devraient constituer l’essentiel du trafic web mobile) : le trafic généré sur une connexion 4G devrait être, dès lors, 8 fois supérieur à celui d’un appareil dépourvu de cette technologie (soit environ 29 Mbps, débit maximum réel observé en téléchargement par Clubic).
Ainsi, alors que la 4G ne représente que 0,9% des connexions mobiles actuelles, elle compte déjà pour 14% du trafic de données sur mobile, d’après Cisco. Cette même étude (L’évolution du trafic mobile de 2012 à 2017) prévoit que la 4G devrait assurer 10% des connexions et 45% du trafic mondial à l’horizon 2017.

rwd-connexion

Il est à noter que l’évolution des appareils mobiles est également un élément central, puisque de leur niveau de compatibilité aux réseau de très haut débit ou la performance des navigateurs proposés dépend également le développement et la démocratisation de l’Internet mobile. Un développement que mesure, d’ailleurs, Deloitte.
Car, malgré les immenses perspectives et opportunités qu’offre la 4G et un déploiement rapide du réseau (plus de 200 opérateurs dans 75 pays auront lancé un réseau 4G d’ici fin 2013 ; 300 appareils en 4G – smartphones, tablettes et clés de sécurité – devraient être disponibles à la même période), il est sans doute probable que la grande majorité des 1,9 milliards de mobinaute continue à utiliser la 3G et la 2.5G (10 % des Français, par exemple, ne savent pas à quoi correspond la 4G). Du moins, dans un premier temps… Le temps de l’appropriation, et de voir des offres et services opérateurs adaptés au grand public ou le déploiement des infrastructures dédiées. Il est d’ailleurs à craindre une tarification plus contraignante des transmissions de données via 3G ou 4G devant la très probable saturation des réseaux (un déficit de bande passante en 4G ayant déjà constaté aux États-Unis).

 

La résistance d’appropriation aux nouvelles technologies par les anciennes générations ; l’écart se creusant toujours plus vite devant ce flux ininterrompu et exponentiel des artefacts de la modernité.

 

 

Quelques nuances à cette fulgurance technologique

Il n’est pas besoin de toutes ces statistiques pour deviner que l’utilisation des mobiles est en train d’exploser. Il suffit déjà de voir combien le téléphone mobile est devenu un objet invariable du quotidien des individus, tout autant que la notion même de mobilité y occupe une place centrale ; toutes cultures et sociétés confondues. Seul subsistent l’ancrage des habitudes et la résistance d’appropriation, à des degrés divers, aux nouvelles technologies par les anciennes générations ; l’écart se creusant toujours plus vite devant ce flux ininterrompu et exponentiel des artefacts de la modernité.
Sur ce point, soulignons que cette fulgurance technologique peut être nuancée. En effet, tous les utilisateurs de smartphones n’ont pas les mêmes usages et tous ne connectent pas leur appareil à Internet. En réalité, la croissance du marché des smartphones est indépendante de celle des usages. Quelques chiffres significatifs : en France, par exemple, 23% (environ la moyenne mondiale) des possesseurs de smartphone ne l’ont jamais connecté à Internet, ne l’utilisant que pour téléphoner. Cette proportion atteint 28% en Allemagne ou au Canada.
On peut imaginer, en conséquence, que le choix d’un smartphone par la génération des 55+ (même proportion que pré-citée) se porte principalement sur des questions de conforts d’utilisation ou de fonctionnalités multimédia de l’appareil (photos) plutôt que les possibilités d’accès à Internet.

rwd-age

D’autre part, la place du desktop reste importante face aux appareils mobiles. De cette répartition des usages, on peut constater surtout l’émergence d’une écosystème plus complexe mettant en œuvre des interactions multiples entre les différents supports. Des usages qui s’inscrivent, en tout état de cause, dans une consommation d’internet multi-écran (multi-canal) en fonction des besoins et du moment. Contribuant à enrichir l’expérience utilisateur et à gagner en interopérabilité. En fait, l’apparition de nouvelles technologies ne font pas disparaître les prétendantes, mais permet au contraire à faire progresser l’ensemble.

 

Les solutions sont multiples, et le Responsive Design est sans doute au cœur de ces enjeux.

 

Il est à noter cependant que l’ordinateur desktop, et plus nettement les ordinateurs portables, de par l’utilisation courante qui en est faite par le plus grand nombre (moins professionnelle que tournée vers des activités de loisirs ou de simple consultation d’informations), cède sa place. Le choix des utilisateurs, en effet, devrait plus naturellement se reporter sur des terminaux mobiles, moins coûteux et plus adaptés à leurs usages, avec les années. De même, Deloitte estime que les pays émergeants feront directement le choix de s’équiper avec des smartphones ou tablettes. Principales raisons, évoquées plus haut : le prix plus abordable et les infrastructures du réseaux web mobile privilégiées à celles de l’Internet « traditionnel ».

 

De nouvelles formes et des nouvelles normes

Quoiqu’il en soit, impossible de nier l’évolution d’Internet et de l’impact de la mobilité autant sur l’ensemble des champs d’applications des métiers du web, sur les usages que sur la société elle-même. Une croissance de l’Internet mobile rapide et incontestable, qui rend compte d’une évolution structurelle durable.

Ces mutations appellent à d’autres formes et d’autres normes. Signe de ce changement de paradigme : ce revirement stratégique de grande ampleur de la part Google, où aucun projet n’est pensé sans être conçu prioritairement dans sa version mobile. Difficile dès lors d’échapper à cette nouvelle réalité quelques soient les domaines (e-commerce, musique, vidéo…). Aussi, il convient pour eux de s’adapter. Au-delà des conditions d’accès et de consommation de l’information, il s’agit également de repenser la communication ou le marketing, notamment, à ces nouveaux supports dans une logique cross-media cohérente. Les solutions sont multiples, et le Responsive Design est sans doute au cœur de ces enjeux.
Peut-être la généralisation de 4G permettra finalement d’écarter les principales réticences (tel que le temps de chargement des pages ou le temps de latence par exemple.) à une adoption marquée au Responsable Design.

Toutes ces notions seront bien entendu traitées dans les billets qui vont suivre. En plus synthétique, rassurez-vous…

 

(554)

Dossier Responsive Design – Intro

Dossier Responsive Design - introduction

Le Responsive Web Design :

Après avoir longtemps été confiné aux seuls écrans d’ordinateur, Internet est dorénavant accessible – en tous lieux et en tout temps – depuis un grand nombre de terminaux : smartphones, tablettes, desktop, télévision connectée ; de résolutions et de formats différents. Une multitude de supports qui déterminent une multitude de contextes de consultation : au bureau, dans un train ou caler dans son bain, dans les sollicitations ou dans le vide du quotidien… Bref.
Cette évolution des usages tend à reconfigurer notre manière de consommer (lire et interagir) de l’information. Presque un lieu commun, me diriez vous. Mais dans ce nouveau cadre, la mobilité devient une composante majeure.

 

Une multitude de supports qui déterminent une multitude de contextes de consultation : au bureau, dans un train ou caler dans son bain, dans les sollicitations ou dans le vide du quotidien…

 

Aussi, même si les statistiques et les moyennes montrent souvent leurs limites (la réalité est bien sûr un peu plus subtile, ou complexe), quelques chiffres étayent cette tendance : le trafic Internet global sur mobile représente 10 % et près de 15% des emails ouverts le sont également sur mobile*. Ces résultats peuvent sembler encore négligeables, mais qui ont toutefois triplé en moins de deux ans et ne devraient cesser de croitre à mesure que les technologies (terminaux, connexion, technologies, et ce qui est le sujet même de ce dossier) évolueront.

 

Une petite rupture historique, en somme, devant ce que la technique engendre comme mutations – sociales, culturelles, économiques, technologiques, esthétiques…

 

Devant ce constat, il devient nécessaire, pour tous ceux – Web designers, éditeurs, e-commerçants, annonceurs, créatifs, techniciens, etc. – dont la principale activité est de communiquer ou de vendre sur Internet, de s’adapter pour faire face à ces nouvelles injonctions et habitudes de consommation protéiformes.
Aussi, le Responsive Design (ou design adaptatif) n’est peut-être rien d’autre que l’expression de cet univers mouvant, en perpétuelle évolution qu’est Internet ; une petite rupture historique, en somme, devant ce que la technique engendre comme mutations – sociales, culturelles, économiques, technologiques, esthétiques – et qu’il nous est nécessaire de nommer.

 

Le responsive Design force à s’interroger sur les fondements mêmes de chaque métier du web. Peut-être, cette petite révolution web que, pour certains, le Responsive Design laissait présager se trouve t-elle là ?

 

Nous verrons ce que recouvre précisément ce terme. Néanmoins, il convient déjà de préciser : le Responsive Design n’est pas une seule réponse, dans sa forme définitive. Nous l’entendons avant tout comme un ensemble de solutions, d’outils et de technologies web adaptés à ce nouveau contexte. Mais également comme un mode de pensée qui oblige à revoir la manière de concevoir l’accès à l’information en fonction d’un support et d’un contexte d’utilisation pour en renouveler l’expérience utilisateur ; et force à s’interroger, devant ces nouveaux défis qui s’annoncent, sur les fondements mêmes de chaque métier du web. Peut-être, cette petite révolution web que, pour certains, le Responsive Design laissait présager se trouve t-elle là ? Finalement. Autant technique que culturelle.

 

Le Responsive Design n’est pas une seule réponse, dans sa forme définitive.

 

C’est à peu près le sens que prendra ce dossier, ou du moins, dans un premier temps, cette suite de billets.

  • Il sera d’abord question de faire un état des lieux – chiffré – de ce nouveau paysage qui se dessine, sans céder à l’euphorie ni à la panique (!) dans la pâle froideur des statistiques, avant de s’intéresser aux différentes problématiques qui en sont liées.
  • Nous verrons ensuite les trois principes fondamentaux sur lesquels repose le Responsive Design et les techniques CSS (et autres) qui permettent de le mettre en œuvre.
  • Les différents aspects et approches théoriques du Responsive Design vont être traités et, pour chacun, quels en sont leurs avantages, leurs inconvénients, leurs limites et leurs spécificités.
  • Tant qu’il reste encore des contraintes techniques (permanentes dans le web autant qu’inévitables à chaque moment de rupture ou de transition), nous verrons comment il est possible de les contourner.

Mobile First, RESS, Responsive Email, recommandations conceptuelles et esthétiques, référencement, stratégie de communication multi-supports, applications web mobiles contre applications natives… Bref, y a du taff !

 

Tant qu’il reste encore des contraintes techniques – permanentes dans le web autant qu’inévitables à chaque moment de rupture ou de transition.

 

Et au centre de ces considérations, une préoccupation : concilier la nature du support et le contexte de lecture afin d’offrir un contenu pertinent et une expérience utilisateur optimale.

 

* Sources : haikusages.fr.

(281)