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caroline attia

J’ai découvert le travail de Caroline, un peu par hasard, lors d’un live d’Adobe France. Son style que j’adore et qui me parle, ainsi que son workflow sur des outils comme Photoshop pour l’animation, m’ont donné envie d’en savoir un peu plus sur son parcours, ses inspirations, ses projets.

Si vous-vous intéressez de près ou de loin au monde de l’illustration et de l’animation, que vous soyez freelance ou étudiant, les réponses de Caroline pourront certainement vous guider, vous inspirer.

Bonne lecture 😉

Interview de Caroline Attia : illustratrice & animatrice

 

Peux-tu nous dire 2 mots sur ton parcours scolaire. Je crois que tu as commencé par des études en animation, puis, tu as enchaîné avec l’illustration, c’est bien cela ? J’aurais tendance à dire que c’est un parcours à “contre courant” de ce que l’on rencontre en général, non ? 

 

J’ai toujours dessiné et j’ai très vite su que je voulais en faire ma carrière.

Ce qui me motivait avant tout, c’était de raconter des histoires par le dessin. J’étais principalement intéressée par les arts narratifs. D’abord la bande dessinée, puis les films d’animation.

Après le bac j’ai donc fait une année de prépa à Penninghen très axée sur les bases du dessin classique, puis j’ai été reçu à l’École Nationale des Arts décoratifs de Paris ou j’ai étudié l’animation.

Comme c’était une école pluridisciplinaire, j’ai aussi l’occasion de découvrir l’illustration, la gravure entre autres, et à la fin de mes études après avoir passé une année entière à faire un film de sept minutes 30 en anime tradition papier, j’avais envie de quelque chose de moins longue haleine.

J’ai eu une bourse pour aller passer un semestre à New York où j’ai choisi l’illustration. En parallèle, à partir de ma troisième année aux Arts décoratifs de Paris, j’ai commencé à faire des illustrations pour de la presse.

Je ne sais pas si c’est contre-courant,  je pense que les deux sont assez complémentaires surtout quand on veut avoir une pratique d’auteur. Et puis je voulais être indépendante donc c’était plutôt un atout d’avoir plusieurs cordes à mon arc pour affronter le marché.

 

Avec l’expérience, tu as acquis ta “patte”. Tu disais dans une interview (sur MotionCafe) que les débutants faisaient souvent l’erreur de chercher leur propre style tout de suite. Peux tu développer ? Nous dire comment cela s’est passé pour toi, combien de temps cela a pris et pourquoi pas, nous donner 1 ou 2 conseils qui pourraient aider ceux qui souhaitent trouver leur propre style ?

 

Le style met des années à venir et je pense qu’il ne faut pas le forcer. En fait il vient naturellement à force de dessiner.

On peut très vite être influencé par tout ce qu’il y a autour de nous, mais le naturel finit par nous rattraper et c’est de là que naît “sa patte”. 

J’ai l’impression que c’est surtout en pratiquant le dessin d’observation, en remplissant des carnets de croquis, en se concentrant sur le réel que les premiers “tics” de dessin se forment. Ce sont là les prémices du style, et pas en copiant l’existant.

En ce qui me concerne, j’aime changé de façon de faire.  Mais malgré tout  j’ai l’impression qu’il y a une cohérence entre toutes les “écritures” que je peux développer.  Mais cela a mis des années à venir et c’est un long parcours toujours en Work in Progress.

Je pense que c’est important de ne pas négliger une formation plus traditionnelle au dessin et de laisser la stylisation pour plus tard. L’observation, le modèle vivant et le dessin de plâtres restent des bases essentielles.

Donc si j’avais des conseils, ce serait  :

  • de tenir des carnets de croquis, dessiner partout : dans les transports, au café, au salon, en famille et aussi savoir s’isoler des influences extérieures quand on est en train de créer
  • et laisser du temps et laisser le temps faire.

 

Tu joues beaucoup avec les textures, la matière (d’une certaine manière, ton travail m’a fait pensé à un film animé que j’ai adoré “Le chant de la mer” de Tomm Moore). Peux-tu nous en dire un peu plus sur la création de ce style. Quels logiciels utilises-tu pour l’illustration (Photoshop ? Illustrator ?) et quel outils / options d’outils combines-tu pour obtenir cet effet ?


C’est marrant que tu parles du film “Le chant de la mer” parce que l’un des premiers stages en studio d’animation que j’ai fait, était justement au Cartoon Saloon (le studio qui a produit le film ainsi que « Brendan et le Secret de Kells » et « Breadwinner« ).
J’ai rencontré Tomm Moore et Nora Twomey . 

C’est sûr que leur travail a une grande influence sur moi.
Ça reste l’un de mes plus beaux souvenirs de stage et j’ai d’ailleurs ensuite eu l’occasion de réaliser un court-métrage dans le cadre d’une série qu’ils produisaient.

C’est peut-être de là que me vient mon goût pour les textures que j’essaye de collecter, de scanner ou de faire à la main.


En ce qui concerne l’illustration, mon logiciel de prédilection c’est Photoshop. Je l’utilise avec une Cintiq, ce qui me permet d’avoir les sensations les plus proches du papier tout en gardant les avantages du numérique (facilités de modification adaptabilité aux demandes des clients…).

J’utilise également Illustrator, surtout quand il y a besoin d’animer ensuite des éléments en vectoriel ou que c’est une demande de mes clients de travailler en vectoriel.

Mais je reste avant tout une adepte de Photoshop.

 


Un peu de Pro Create ? Quels atouts selon toi ? 

 

Oui j’aime bien Procreate. Je trouve qu’il se rapproche pas mal de Photoshop.

Sur l’iPad en tout cas, c’est ce qui se rapproche le plus. Mais, je crois que d’autres choses sont à venir du côté d’Adobe qui risquent de faire mal !

Comme je fais pas mal de déplacements pour le travail, j’aime bien n’avoir qu’à prendre avec moi un iPad et voyager léger. Procreate me permet de travailler en faisant des aller-retour avec Photoshop.

  • Je peux soit commencer des croquis que je pourrais finir ensuite sur mon ordinateur,
  • soit importer directement des PSD pour finaliser des illustrations.


J’aime beaucoup le touché de l’iPad. Les brushes de Procreate sont agréables et son interface vraiment bien adaptée à la tablette. C’est simple d’usage et intuitif.

Parlons un peu animation. Certains illustrateurs se mettent un jour à l’animation, et toi, nous avons vu que dans ton parcours tu avais fais le chemin inverse. Cela doit être assez grisant de pouvoir donner vie à ses propres créations ? 

 

C’est sur que c’est grisant, de faire vivre ces personnages et c’est ce qui m’a fait aller vers l’animation au cours de mes études plutôt que d’autres médiums.

Mais avant tout, c’est un très bon moyen pour raconter des histoires. C’est cette envie de narration qui pousse mon envie de dessiner et de créer. Si je n’ai pas une bonne histoire en tête même très courte, j’ai du mal à projeter quoi que ce soit sur le papier image fixe ou animée.

Aussi l’animation traditionnelle avec ses feuilles d’expo et sa division du temps en nombre d’images a quelque chose qui se rapproche d’une partition de musique. J’aime aussi beaucoup cet aspect de l’animation où on se concentre vraiment sur la feuille d’exposition. En accélérant certaines images, en ralentissant d’autres, marquant des pauses ici ou là, on peut complètement changer la dynamique et même le sens d’une animation. On joue un peu au chef d’orchestre finalement.

Quels logiciels utilises-tu (pour quel contexte) pour animer ?

 

J’en utilise différents en fonction des types d’animations que le projet demande. Mais toujours de la 2D.

Pour tout ce qui va être pantins animés et substitution, j’utilise Animate plutôt que After-Effects. Dans Animate, on peut facilement dessiner des éléments et la timeline est plus proche d’une vraie timeline d’animation. C’est aussi un logiciel qui est très utilisé en production de séries et qui devient de plus en plus l’outil d’animation d’Adobe.

J’utilise aussi beaucoup Photoshop quand je veux faire des animations plus courtes, avec une patte vraiment plus proche de mes illustrations. C’est un vrai plaisir de pouvoir animer avec les outils de Photoshop, mais la timeline est quand même assez limitée pour des animations plus longues, et les fichiers tendent à être vraiment très lourds.
Pour mon dernier court-métrage, j’ai animé certaines séquences de 20-30 secondes dans Photoshop, et à la fin ça devient de vraie usine à gaz. Mais le résultat est vraiment celui que je veux.

Enfin, pour de l’anime traditionnelle de plus longue haleine, j’utilise TVPaint qui lui est vraiment pensé pour l’animation, avec une timeline très efficace. Mais ces brushes ne sont pas celles de Photoshop et les algorithmes de traitement des bitmaps ne permettent pas beaucoup d’erreurs : si on déplace un élément, si on le grandit, ou lui fait faire une rotation – il faut le redessiner. 

 

Y a t-il pour toi un logiciel qui sort du lot en ce moment, ou une tendance sur un outil utilisé dans les studios d’animation ou par les indépendants comme toi ?

 

Je pense que chaque logiciel a ses avantages et ses inconvénients.

J’utilise beaucoup la suite Adobe en indépendante, car je n’ai pas besoin d’investir plus que dans la suite mensuelle et que j’utilise ces logiciels depuis une vingtaine d’années ( eh oui! ).

Mais Toonboom fait de très bons logiciels d’animations également.

Quant à la 3D, j’ai un peu touché à 3ds Max pendant les études, mais ça s’arrête là. On ne peut pas être compétent dans tous les domaines, et en ce moment je consacre mes formations au scénario. 

 

Dans une de tes interventions sur la chaîne Youtube d’Adobe France, tu montres comment utiliser Photoshop pour l’animation. Le panneau montage, les plugins du type Photoshop Animation de Stéphane Baril, les groupes vidéos (…) sont autant d’outils pratiques pour animer dans Photoshop. Je t’avoue que j’ai été assez surpris par cette capacité du logiciel, que j’avais regardé d’un coin de l’oeil pour créer rapidement un GIF voire un montage vidéo très simple. Pour toi, donc, Photoshop a une réelle place / avenir dans l’animation face à du Animate ou Duik, par exemple ?

 

Si Photoshop se décide à le développer dans ce sens : OUI.

Pour moi c’est potentiellement un superbe outil d’animation tradigital, mais le poids des fichiers et la timeline ne permettent à mon sens pas encore de l’utiliser pleinement en production. Par contre, pour faire des petites animations de quelques secondes bien poussées, il est vraiment bien. C’est un très bon logiciel aussi pour aborder l’animation quand on est étudiant ou illustrateur, car beaucoup le connaissent bien, et c’est un vrai plus de ne pas avoir à se soucier d’apprendre en plus de l’animation, un nouveau logiciel.

Duik et Animate sont plus adaptés à d’autres types d’animation.
Duik permet de faire de la cinématique inverse en 2D et Animate et plus généraliste, mais c’est un logiciel d’animation vectoriel, on ne pourra pas avoir un rendu très “plastique” avec.

 

Parlons un peu plus de ton activité professionnelle à proprement parlé. Peux-tu nous raconter comment s’est passé ta première commande pro ? Demande entrante ? Ou bien démarche commerciale de ta part ?

 

J’ai pratiquement toujours travaillé en freelance. Je sais que ce n’est pas forcément ce qui est recommandé de commencer par ce statut, mais j’aimais bien mon indépendance et pouvoir balancer entre projet d’illustration (là il n’y a pas le choix, à l’époque en tout cas, personne n’embauchait d’illustrateurs autrement qu’en freelance ) et d’animation.

 

J’ai fait mes premières commandes un peu au culot, quand j’étais étudiante. A cette époque, j’ai fait mon book et j’ai appelé des Directeurs Artistiques de magazines pour leur montrer en disant que j’avais fini l’école ( j’étais en troisième année sur quatre ) et j’ai eu mes premières commandes notamment pour le magazine Epok de la Fnac. 

 

Ensuite, j’ai fait un semestre d’échange à SVA, pendant lequel j’ai travaillé pour le NY Times. Mais là j’avais déjà plus d’une dizaine de publications en presse dans mon book.

Et ensuite, pour assurer une activité au quotidien, quelles ont été les étapes à franchir, les problématiques auxquelles faire face ? 

 

J’ai eu pas mal de chance, puisque 6 mois après la fin de mes études, j’ai pu prendre mon indépendance financière et à part trois mois de disette début 2009, j’ai toujours eu une bonne activité. 

 

Je pense que c’est important quand on se lance en freelance de se dire qu’on fonctionne comme une entreprise et pas comme un salarié. On paye soit même ses charges, ses locaux son matériel, ses congés payés, etc. Donc on ne peut pas se baser sur ce qu’on serait payé en tant que salarié et c’est important même dès le début de ne pas accepter des boulots sous-payés

 

Il faut aussi passer du temps à bien comprendre son statut, les coûts que cela va impliquer et ne pas se retrouver après une première bonne année sans avoir mis d’argent de côté pour payer ses charges sociales et impôts.

C’est aussi important de ne pas se reposer sur ses lauriers et ne compter que sur un ou deux clients réguliers. Que se passe-t-il si l’un d’entre eux se passe de nos services? Il faut aussi toujours anticiper même si on est très occupé, préparer la suite : les missions ou projet des prochains mois.

Pour moi, un grand tournant a été après 5-6 ans de freelance quand j’ai décidé de plus balancer mon activité entre commande et projets perso.  Maintenant je dirais qu’ils occupent environ 50% chacun de mon temps (même si cette année j’ai principalement travaillé sur mon court-métrage, donc plutôt 80% sur projet perso et 20% sur projet de commande).

On fait tous ses métiers par passion. Répondre aux demandes des clients, peut-être frustrant créativement. Il est important de garder un espace pour créer pour soi et essayer de faire émerger des vrais projets perso (dans mon cas, des livres et des films d’animation).

 

Quel est le poids des réseaux sociaux aujourd’hui dans l’approche commerciale de ton activité ?

 

Ils sont plutôt importants, mais pas non plus au coeur de mon approche commerciale. Je pense que le réseau est plus important : assister à des conférences établir des vrais liens avec les personnes avec qui on veut travailler, les voir en vrai.

Je connais des illustrateurs avec des dizaines de milliers de followers sur Instagram qui ont du mal à joindre les deux bouts. De mon côté je n’ai pas le temps de développer autant ma présence sur les réseaux sociaux, mais je ne manque pas de projets.

Il y a peut-être aussi une histoire de génération.

 

En allant sur ton site, on peut s’apercevoir que tu travailles aujourd’hui en relation avec des personnes qui te représentent. Comment cela se passe ? A quel moment on franchit ce cap en tant qu’indépendant ? 

 

J’ai commencé à être représenté assez tôt en illustration. Après, une représentation ne garantit pas forcément du travail. Il faut bien trouver l’équipe au sein de laquelle son travail fait sens par rapport à ses clients. Mes agents agissent comme des  “apporteurs d’affaires” notamment sur les marchés étrangers ou je ne peux pas forcément être présente autant qu’eux, et puis ils négocient mieux que moi les tarifs donc c’est gagnant-gagnant.

 

Mon agent audiovisuel, Aurélie Grasso, a un rôle un peu différent :

  • Elle s’occupe de tout ce qui concerne la négociation de contrat audiovisuel et je lui confie mes projets personnels de films,
  • de les relire, les envoyer à ses contacts,
  • et fait aussi tampon avec les producteurs et me permet donc de ne me concentrer que sur les discussions créatives avec eux et non pas les aspects moins agréables.

C’est une vraie chance et un vrai confort pour moi.

 

Tu as partagé récemment un article sur les marchés potentiels des illustrateurs. Que donnerais tu comme conseils à un.e illustrateur.rice qui souhaite se lancer : est-il préférable de se spécialiser dans un secteur ou bien d’avoir une approche plutôt généraliste ?

>> L’article en question (en anglais)

Je pense que ça dépend de chacun.
De mon côté, je travaille dans plein de domaines différents, mais petit à petit, mon travail s’est plus tourné vers la jeunesse, même si je ne fais pas que de la jeunesse.

On a tendance à être vite mis dans une case de toute façon, malgré nous. Je pense néanmoins que quand on débute avoir plusieurs cordes à son arc n’est pas un mal. En fait les deux approches se valent, et il faut écouter aussi ses envies.

 

As-tu un avis sur les plateformes de stock d’images / vecteurs qui sont aujourd’hui très présentes sur Ie marché. Concurrence ? Pas vraiment ? Joker ?

 

Je ne sais pas trop quoi en penser.

Je sais que certains illustrateurs gagnent beaucoup d’argent de cette manière, quand les conditions proposées par la plateforme sont correctes.

Ça n’a jamais eu beaucoup d’impact sur mon activité : quelqu’un qui veut aller vers ce genre de plateformes ne sera pas celui qui embauchera un illustrateur dans de bonnes conditions. Donc je préfère qu’il aille chercher une image sur une banque, plutôt qu’essayer de sous-payer un étudiant ou un débutant. En même temps il risque de voir l’image qu’il a acheté, réutilisée ailleurs, donc ce ne sont jamais vraiment les mêmes demandes.

 

De plus en plus, tu sembles développer tes propres projets. La production, c’est quelque chose que tu as toujours voulu faire ? Est-ce un moyen quelque part de s’émanciper d’une démarche commerciale et de travailler sur des projets maîtrisés de A à Z ? 

 

Je développe des projets, mais je ne m’occupe pas de production. Je travaille à chaque fois AVEC des productions (Sacrebleu Production, Folimage, les Valseurs par exemple ).

L’animation est un travail de longue haleine et c’est bien de pouvoir compter sur les forces des autres aussi. Il y a de meilleurs animateurs que moi, des personnes très fortes pour le son, la musique, le compositing le montage, etc. sur lesquels on peut s’appuyer quand on travaille avec la force de frappe d’un studio.

Je gère sur des films de commande ou des petits films personnels (de quelques minutes max) tout moi-même (hors son), mais je préfère quand j’ai les moyens de travailler en équipe : ça me permet de passer plus de temps sur la réalisation du film et la direction artistique.

 

Peux-tu nous dire comment cela se déroule : tu crées un pilote, puis, tu le proposes c’est ça ? 

 

Pas tout à fait. Je prépare un dossier, soit seule soit avec un scénariste, et je démarche des producteurs avec ce dossier. Si l’un d’entre eux accepte le dossier, il va décider :

  • de chercher les financements pour produire un pilote, si c’est une série,
  • de chercher les financements directement pour le produire si c’est un unitaire.

Je ne veux pas me passer pour l’instant de producteur, car je veux me concentrer sur les aspects créatifs des projets. C’est un gros travail de préparer les dossiers de financement, rechercher les moyens de distributions, avoir les locaux, les équipes.

Pour des projets ambitieux, c’est compliqué de les faire seul chez soi, surtout si on veut avoir l’écoute d’une chaîne.

Tient au fait, quel matériel utilises-tu au quotidien (la machine qui te permets notamment de travailler l’animation) ? 

 

J’ai un iMac 27 pouces qui date de fin 2013 et qui tourne encore pas mal pour ce que je fais (de la 2D) et une Cintiq 27 pouces aussi. 

J’ai également une Cintiq Companion 2 pour quand je dois travailler en déplacement, une 13’. Mais, de plus en plus, j’utilise un iPad pro si je n’ai que de l’illustration à faire et du texte, car c’est quand-même beaucoup plus léger.

 

Je crois que tu enseignes également un peu. Quelle est la place pour toi de l’auto-formation dans ton métier ? 

 

J’enseigne régulièrement dans différentes écoles depuis 5 ans environ, et c’est très rafraichissant, car on apprend autant qu’on donne en enseignant. 

C’est très important de continuer à se former, à rester au courant des évolutions du marché, des logiciels et d’ajouter de nouvelles cordes à son arc. On a la chance, en tant qu’artiste-auteur, d’avoir accès à la formation continue avec l’Afdas, et j’en profite pour me former au scénario, car j’aime par-dessus tout raconter des histoires, mais je n’ai aucune formation en la matière.

Je regarde aussi des vidéos de formation sur les logiciels ou la façon dont d’autres illustrateurs travaillent : c’est très instructif.

 

Toujours chez Motion Cafe, tu disais que l’étape “école” était utile pour des jeunes qui n’ont pas encore la maturité ou qui ont besoin d’un cadre pour apprendre / avancer. Penses-tu qu’on puisse, en tant qu’illustrateur, se former à l’animation sans passer nécessairement par une école traditionnelle ?

 

L’école offre un cadre non négligeable quand on sort du lycée et qu’on n’est pas encore forcément indépendant pour s’auto-former. Certaines personnes s’en sortent très bien en se formant seules, avec des cours en ligne, d’autres ont besoin d’un cadre plus visible comme celui d’une école.

 

Après l’animation traditionnelle c’est vraiment un domaine où je pense qu’une école apporte un vrai plus, c’est exigeant, c’est un apprentissage long, et les studios regardent quand même pas mal pour les jeunes diplômés d’où ils viennent. Une bonne école offrira aussi un bon réseau à l’étudiant et mettra vraiment en avant les films de fin d’études avec une distribution en festival. Ces deux aspects peuvent ouvrir beaucoup de portes. Sans compter le réseau qu’on peut se faire avec les étudiants de sa promotion et ses enseignants.

 

Je pense qu’une école peut aussi bousculer les habitudes d’un étudiant et le forcer à ouvrir son champ visuel. L’amener vers des domaines qu’il n’aurait pas été voir, à ouvrir sa culture graphique. Mais tout ça dépend des qualités de l’école. Certaines écoles peuvent aussi décourager les étudiants. Leur laisser un goût amer par manque de formations, il faut donc choisir prudemment.

C’est de toute façon important ensuite de continuer à se former pour évoluer, et les formations en ligne sont vraiment parfaites pour cela.

 

Pour terminer peux-tu nous donner ton actualité pour la rentrée / fin d’année. Une ou des séries sur lesquelles tu travailles actuellement ?  

 

  • Je viens de terminer un court-métrage de 15 min pour le cinéma produit par Folimage et Nadasdy Film “Au pays de l’Aurore Boréale”.Voici la bande-annonce :



    Le film va débuter sa carrière en festival en novembre au “festival européen du film court de Brest”. Il devrait y avoir d’autres annonces prochainement concernant ce film.
  • Je sors également un petit roman que j’ai écrit et illustré chez Belin :  “Un sorcier dans mon école”.
  • En ce moment, je travaille sur l’écriture de deux projets. Un segment d’un long métrage produit par les Valseurs. Puis, un projet de 26mn en animation qui est beaucoup moins avancé dans son développement. J’en suis encore dans la phase de préparation de dossier avant de le présenter.


Liens pour découvrir le travail de Caroline

https://carolineattia.com
https://twitter.com/CarolineAttia
https://www.instagram.com/carolineattialariviere/

 

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