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Track (Benjamin Trancart), l’un de nos talentueux contributeurs, vient de réaliser un superbe timelapse sur la ville de Paris. Une vidéo sélectionnée par l’équipe de Vimeo et dont le nombre de visionnage ne cesse d’augmenter depuis sa mise en ligne. Voici la vidéo en question :

Paris, The City Of Light :

L’occasion pour nous de lui poser quelques questions sur ce projet.

Interview de Benjamin Trancart :

Comment t’es venu l’idée de cette vidéo?

J’ai commencé à faire des timelapses car je viens du motion design donc l’image fixe, même si elle peut m’émouvoir chez les autres, a tendance à m’ennuyer quand je la travaille. Le timelapse me permet de m’appuyer sur des techniques photo (HDR, poses longues) qui ont un fort impact visuel. Donc petit à petit, j’ai glané des plans dans Paris, mettant de côté ou refaisant parfois 3 ou 4 fois certains plans dont je n’étais pas satisfait. J’aime aussi beaucoup le rapport image/son et le timelapse se prête bien soit à des rythmes découpés. Au départ, je voulais juste tester mon rail et puis on se prend au jeu en accumulant les plans. J’en voulais de plus beaux, dans de plus jolis lieux. Mon projet est « carte postale » mais je l’assume tout à fait.

Paris city of light
 

Quel type de matériel a été utilisé pour le tournage.

J’utilise un Canon 7D. Côté optiques, je me suis essentiellement servi du 18-135mm qui était vendu avec l’appareil et sur la fin je me suis acheté un 16-35 série pro mais j’ai fait assez peu de plans avec.
Côté motion control, j’ai un Stage 0 de Dynamic Perception qui est un excellent produit, robuste. J’ai acheté par la suite un Stage One qui reprend le même principe que le 0 mais qui est beaucoup plus facile à transporter que le « ski » de 1,80 mètres que je trimballais dans le métro… Récemment, j’ai aussi fait l’acquisition d’un TB3 d’Emotimo, une tête motorisée qui commande aussi le rail à partir d’un Wiimote. C’est très fun à utiliser mais il n’y a qu’un plan réalisé avec cette tête dans le film, celui de Montmartre, l’avant dernier. Je ne l’ai eu que sur la fin et je voulais boucler le film.


 

Combien d’heure de rushs as-tu accumulé?

Heures de rushs difficile à dire… Ce qui est sûr c’est que se sont souvent les plans que l’on croit ratés qui s’avèrent bien « boire » la colorimétrie, surtout en HDR et les plans que l’on imagine bons qui sont décevants… Certains m’ont donné du fil à retordre. J’ai du refaire certains 2, 3 voire 4 fois. Il y a une fontaine illuminée avec des couleurs qui tournent près de la comédie Française à Palais Royal, je l’ai retenté 4 fois en jetant à chaque fois mes images. Il est très complexe du point de vue du réglage. Si l’on veut avoir une pose un minimum longue pour les trainées des voitures (4 à 7 secondes) plus les couleurs qui tournent en évoluant autour de la fontaine, le paramétrage est quasi impossible. Soit la fontaine clignotait de façon « épileptique » au rendu, soit la pose était trop longue et les couleurs se superposaient pour faire une bouillie affreuse… Il faut jongler et composer avec le temps d’exposition/l’intervalle en seconde entre chaque photo/et le sujet qui pose parfois des contraintes (monument qui ne reste pas allumé longtemps, évolution rapides des lumières qui l’éclairent etc etc…)

Paris City of Light
 

Côté post prod qu’as-tu utilisé comme soft & techniques ?

J’utilise After Effects uniquement pour simplifier mon workflow au maximum.
Je ne shoote qu’en Jpeg même si je me suis remis au Raw il y a peu. Je trouve cela trop lourd et long dans le process. Lightroom est très puissant, mais il rajoute une étape que l’on peut sauter en ayant des résultats corrects.
J’importe ma suite d’images dans After Effects directement que je traite avec les effets basiques: courbes, teinte/saturation, balance des couleurs. Je rajoute toujours un peu de netteté dans After. En fait, je reprends des techniques de Photoshop ou Lightroom. Les tutos de Serge Ramelli du site m’ont beaucoup appris, j’ai simplement essayé de retrouver des techniques similaires dans After Effects.
Généralement quand je trouve mon image dynamique, je pré-compose mon plan et joue avec les modes de fusion en dupliquant le plan et en le masquant pour jouer que sur certaines parties et accentuer certains détails. Le seul boulot que demande des timelapse avec un rail motorisé c’est le masquage car l’environnement évolue selon le déplacement de l’appareil sur le rail, donc on doit « recaler » ou plutôt « faire suivre » sa colorimétrie d’un bout à l’autre du plan.
Pour le HDR, je n’utilise aucun soft dédiés, ils écrabouillent trop les images dans des rendus brutaux. En tout cas, je ne sais pas bien m’en servir.
Ma petite combine, c’est d’importer dans AE la suite d’images avec les trois expositions mêlées. D’activer le remappage temporel et de rentrer une expression (time*3) ce qui permet de jouer une image sur trois. Donc de retrouver une plage d’exposition. Ensuite je duplique mon calque et je change l’expression pour le nouveau (time*3+1)… Etc etc… Il doit y avoir des softs qui trient les expositions comment dans Lightroom mais je n’en ai jamais trouvé et je me suis habitué à ce workflow ; donc si quelqu’un peut me conseiller là dessus :)… J’aime bien travailler dans After avec des masques, des effets simples et des modes fusion, le résultat est plus fin et moins typique que du HDR pur et dur. On est plus proche du DRI comme dirait Serge. Je teste parfois des plans avec Magic Bullet Looks de Red Giant et je mets un flare mais j’essaie de doser cela léger, très léger.

Pour aller plus loin :

Je vous encourage à aller jeter un œil sur les autres réalisations de Benjamin, en vous rendant sur son site.