À 61 ans, après une carrière dans l’armée, la logistique et le commerce, Eric a décidé d’utiliser son CPF pour se former sérieusement à la photographie. Pas pour en faire un métier, mais pour pratiquer cet art avec les bases solides qui lui manquaient. Son parcours illustre une réalité souvent ignorée : il n’est jamais trop tard pour apprendre, à condition d’y mettre la méthode et la rigueur. En douze mois, il a acquis une maîtrise technique et artistique qui a transformé sa façon de voir et de créer des images. Si vous hésitez à franchir le pas — par manque de temps, de légitimité ou parce que vous doutez de vous — le témoignage d’Eric vous apportera sûrement des réponses.
Ce qu’il faut retenir :
- De l'armée au commerce, Eric découvre la photographie sur le tard
- À 61 ans, il utilise son CPF pour se former sérieusement
- Un déclic : la technique comme socle indispensable à la créativité
- Sa conviction : il n'est jamais trop tard pour apprendre
Bonjour Eric, avant de parler photo, parlons un peu de toi. Tu as eu un parcours professionnel assez riche, entre l’armée, la logistique, puis le commerce. À quel moment la photographie a-t-elle commencé à prendre une place importante dans ta vie ?
Bonjour Sophie, je dirais que la photographie a commencé à me chatouiller un peu tard. C’est aux alentours de mes 50-52 ans, que j’en avais assez de faire des photos avec un smartphone et que je me suis dit qu’il fallait passer un cap.
Ma femme m’a acheté mon premier reflex Nikon D5300 et j’ai pris deux journées et demi à Lyon avec un club, pour me familiariser avec l’appareil photo.
Tu étais déjà membre d’un club photo et tu avais pas mal pratiqué avant la formation. Qu’est-ce qui t’a donné envie de franchir le pas et de suivre une formation complète pour devenir photographe ?
Oui, en effet, j’ai adhéré au club photo de ma ville, pendant 2 ans. A cette occasion, j’ai pu shooter avec le club sur différents thèmes et différents setups photos.
Les cours hebdomadaires du lundi n’étaient pas maintenus les vacances scolaires et les jours fériés. Ce qui faisait quelques fois trois lundis d’affilés sans cours. Les niveaux différents des photographes, faisaient que quelques fois j’avais une impression de faire du « sur place ». La période COVID a fait que j’ai un peu délaissé la photo, pour me concentrer sur autre chose.
Lors de l’anniversaire surprise des 18 ans de la fille de notre meilleure amie, cette dernière m’a demandé après 3 ans d’inactivité photographique, d’assurer les photos de l’évènement.
Dix jours avant, j’ai repris mon appareil, révisé les fondamentaux de son fonctionnement et fait les photos. Les personnes étaient tellement contentes que je les prenne en photo avec leur famille et Farah (la jeune fille aux 18 ans), que cet engouement a réveillé mon envie de créer des images.
Tu as choisi de financer cette formation avec le CPF. Qu’est-ce qui t’a convaincu que c’était le bon moment pour te lancer dans cet apprentissage ?
J’arrivais à 61 ans avec une enveloppe assez conséquente sur mon compte CPF. C’était le moment de franchir le pas sérieusement. J’entends par là de pratiquer la photo de façon professionnelle, donc en prenant des cours pour apprendre cet art, le comprendre techniquement et surtout culturellement. Et oui, il y a une culture photographique, qui se cultive avec des livres, des expositions, des musées, des films et des images de grands photographes, en essayant de les comprendre techniquement et artistiquement.
Donc si je n’utilisais mon CPF, maintenant pour ce qui me plaisait, alors quand l’utiliserai-je, lorsqu’il deviendrait caduc ?
Accédez directement à la fiche CPF de la formation Photographe avec 3h, 6h ou bien 9h de mentoring. Un webinaire sur le déroulé de la formation est également disponible.
La formation s’est déroulée sur 12 mois pour toi. Comment as-tu réussi à intégrer ce temps d’apprentissage dans ton quotidien, tout en continuant ton activité professionnelle ?
Je suis commercial de métier et nos enfants sont grands et tous « casés ». Je travaillais mes cours le week-end et le soir facilement jusqu’à 23h00, au lieu de regarder le programme tv. Cela demande de la motivation, de l’organisation et de la rigueur.
Ton mentor, Bernard Bertrand, parle de toi comme d’un “gros bosseur”, méthodique et toujours en recherche d’inspiration. Comment as-tu vécu cet accompagnement et les échanges avec lui tout au long du parcours ?
J’ai énormément apprécié apprendre cet art aux cotés de Bernard. Ce dernier est un passionné et comme tous les passionnés, sa seule envie est de transmettre sa passion à ses apprenants.
Donc live après live je lui disais ce que je voulais faire. Je créais mes setup lumières, mes moodboards, je lui présentais en amont mon travail, je faisais mes photos et je lui envoyais le tout pour debriefing. Je me suis tout le temps dans la peau d’un photographe qui devait rendre son travail à son client, le directeur artistique. Le secret est de se mettre en mode professionnel et de rendre un travail abouti.
Est-ce qu’il y a un moment marquant pendant la formation ? Un exercice, un déclic technique ou artistique qui t’a particulièrement fait progresser ?
Oui, lorsque j’ai pris le risque de faire deux setups différents dans le même après-midi, avec deux modèles différents.
J’ai compris combien le travail en amont que j’ai fait, en fournissant dix jours avant mes moodboards aux modèles, en travaillant mes setups lumières, en mettant en pratique les cours de Bernard sur la direction du modèle, avait porté leurs fruits.
Tu nous as récemment partagé une très belle série de portraits. Qu’est-ce qui t’attire dans cet exercice du portrait ? Quelle est ta photo favorite parmi celles que tu as réalisées récemment ?
Ce qui m’attire est de photographier les gens et surtout d’essayer de capter le regard. Ce dernier dit tout sur le storytelling de la photo. Et pour aider ce regard à s’exprimer, il y a la mise en place de la lumière, qui assoira le tout.
Une de mes photos préférées, reste une photo de Manon en noir et blanc lowkey, à prédominance de noir dans le style D. ROUVRE. Elle montre l’intensité du regard du modèle, noyée dans cette dominance de teinte noire.
Voici quelques photographies réalisées par Eric dans le cadre de sa formation. 😍 Vous pouvez retrouver son travail sur sa page instagram @eric.quinones.69340


Tu évoquais au départ l’envie de consolider tes compétences et de gagner en confiance. Après ces 12 mois de formation, qu’est-ce qui a le plus changé dans ta manière de photographier ?
Je dirais ce qui a le plus changé est de mesurer, lorsque c’est possible, ma lumière. Pour cela, j’utilise un posemètre avant de faire une photo.
Il y a aussi la maitrise de l’appareil photo en mode manuel, comprendre les conséquences sur une photo, lorsque j’interviens sur tel réglage dans l’APN. Poser un cadre, c’est-à-dire, faire des moodboards et préparer le shooting, essayer de ne laisser que très peu de part à l’improvisation.
Pour moi la préparation est la base du professionnalisme.
Comment imagines-tu cette nouvelle aventure photographique ?
J’ai 62 ans et je pars à retraite très prochainement.
Pour le moment, la photo ne sera pratiquée qu’à titre d’amateurisme, sans but professionnel, ce qui n’exclut pas un minimum de sérieux lors des prises de vues.
Pour terminer : si quelqu’un hésite à se former à la photographie, que lui dirais-tu, avec ton expérience ?
Il n’est jamais trop tard, pour bien faire et pour apprendre. Ne laissons pas nos rêves ou nos envies de côté. Pratiquer cet art en ayant les bases fondamentales.
Je pense que ce métier de photographe est composé de 10% de technique et 90% de créativité artistique. Mais ATTENTION !!! Si vous ne maitrisez pas sur le bout des doigts ces 10% de technique (cours sur les lois de l’optique, etc..), vous ne serez jamais en mesure d’exploiter pleinement les 90% de part créativité. La formation permet d’acquérir ces 10% indispensables.




