Témoignage de Pauline Goffin sur son retour d'expérience de la formation Design Graphique

Passionnée de livres depuis l’enfance, Pauline a d’abord travaillé dans l’édition avant de se tourner vers la communication, qu’elle exerce aujourd’hui à l’université de Montpellier. Elle créait déjà des visuels au quotidien, mais à l’instinct, sans savoir justifier ses choix ni maîtriser Illustrator. Elle a donc suivi la formation Design Graphique avec Damien Gallez comme mentor, et en a profité pour construire l’identité visuelle complète de sa future maison d’édition, les Éditions Draumheir. Elle raconte comment elle s’est organisée, le workshop qui a débloqué son rapport à Illustrator, et pourquoi elle se sert de l’IA sans vraiment l’aimer.

Ce qu’il faut retenir :

  • Pauline vient de l'édition et travaille aujourd'hui dans la communication. Elle faisait déjà du graphisme, mais à l'instinct, sans pouvoir expliquer ses choix.
  • Elle maîtrisait InDesign et Photoshop, mais n'avait jamais utilisé Illustrator.
  • Pour tenir le rythme à côté de son poste, elle consacrait le vendredi aux cours et le samedi à son projet.
  • Son mentor Damien Gallez l'a poussée à chercher l'inspiration en dehors de l'édition et de la fantasy, et l'a aidée à prendre confiance dans ses idées.
  • Son projet de fin de parcours, les Éditions Draumheir, est une vraie maison d'édition qu'elle lancera début 2027. En attendant, elle propose ses services de graphiste aux auteurs indépendants.

Bonjour Pauline. Pour commencer, peux-tu te présenter en quelques mots et nous raconter ton parcours jusqu’à aujourd’hui ?

Bonjour ! Je m’appelle Pauline et je suis une grande passionnée de livres depuis mon enfance. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours souhaité découvrir les coulisses de la création d’un livre et je me suis donc orientée vers des études dans l’édition.

Au gré de mes expériences dans une maison d’édition dédiée au théâtre nommée les Éditions Deuxième époque, je me suis rendue compte qu’il était très difficile de promouvoir des livres et j’ai donc repris des études dans la communication et le marketing.

Je travaille aujourd’hui pour le projet ESNbyUM de l’Université de Montpellier en tant que chargée de communication et je développe à côté la création de ma future maison d’édition (et oui mon grand amour ne me quittera jamais ahah).

Tu créais déjà des visuels, des mises en page et des logos dans ton travail, mais tu disais manquer de confiance sur tes compétences. Qu’est-ce qui t’a décidée à te former au design graphique en parallèle de ton poste à l’université de Montpellier ?

Mes créations étaient essentiellement conçues à l’instinct. Je savais que mon idée était bonne, mais j’étais incapable d’expliquer pourquoi.

Le projet pour lequel je travaille parle de santé numérique, qui est un domaine relativement nouveau. Il est difficile de trouver des images capables de représenter l’étendue de ce domaine : je dois donc les créer.

Je maîtrisais Indesign pour la mise en page et le traitement d’images avec Photoshop, mais je n’ai jamais eu l’occasion d’utiliser Illustrator. C’était le logiciel qu’il me fallait ! Alors j’ai sauté le pas pour apprendre à utiliser Illustrator, mais aussi pour pouvoir justifier mes choix artistiques.

Formation design graphique en ligne

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Comment s’est passée cette année d’apprentissage à distance ? Comment as-tu concilié la formation avec ton activité et trouvé ton rythme ?

Mon précédent diplôme était en alternance avec des cours en distanciel, donc j’avais déjà une petite expérience de l’apprentissage à distance.

Je savais qu’il fallait à tout prix me faire un planning pour garder le rythme et me donner des objectifs réalistes chaque semaine pour avancer sereinement dans la formation. J’ai choisi d’utiliser le vendredi pour avancer sur les contenus de la formation et le samedi pour travailler sur mon projet.

Les discussions et appels réguliers avec ma référente de formation Clervia m’ont permis de garder le cap, ainsi que le soutien de mon entourage qui attendait avec impatience mes productions.

Tu as été accompagnée par Damien Gallez en tant que mentor. Comment se sont déroulés vos échanges et qu’est-ce que cet accompagnement t’a apporté ?

Le mentorat a été ma partie préférée de la formation, parce qu’il m’a permis de développer toute l’identité visuelle de ma maison d’édition en cours de construction.

Les échanges avec Damien m’ont permis d’ouvrir mes horizons, puisque j’avais une idée très précise de ce que je voulais pour mon identité visuelle, mais il m’a poussé à chercher dans d’autres domaines que l’édition ou la fantasy pour que je puisse vraiment déployer tout le potentiel de ma maison d’édition. Il m’a montré à plusieurs reprises que mes idées étaient bonnes, que j’avais toutes les réponses à mes questions et m’a permis de gagner en confiance.

Je voudrais profiter de cette interview pour le remercier d’avoir été un excellent mentor, car je ne pense pas que mon projet aurait atteint tout son potentiel sans son soutien et ses précieux conseils.

Tu as cité les workshops comme un point fort de la formation. Y a-t-il un exercice, un module ou un apprentissage en particulier qui a changé ta façon de travailler ?

Le workshop qui m’a provoqué un déclic est celui de Gilles Pfeiffer « Créer une illustration de véhicule ».

J’avais un peu de mal à appréhender Illustrator, je ne savais pas vraiment comment commencer un objet. Et c’est avec ce workshop que j’ai compris qu’il fallait décomposer chaque objet en plusieurs formes simples avant de les associer.

Ton projet de fin de parcours, ce sont les Éditions Draumheir, une maison d’édition dédiée aux littératures de l’imaginaire. D’où vient ce projet, et comment as-tu construit son identité visuelle, du nom jusqu’au gobelin Grimms et aux trois collections ?

Ce projet vient de mon amour pour les livres et pour le métier d’éditrice, mais aussi d’une colère contre les « pontes » de la littérature. Les littératures de l’imaginaire, avec lesquelles j’ai grandies, ne sont pas considérées comme de la « vraie littérature », alors qu’elles demandent aux auteurs de construire des univers complexes, des systèmes de magie, des modèles de société, des mondes à part entière, des personnages intéressants, etc. Les littératures de l’imaginaire ne sont également pas suffisamment représentées, notamment les auteurs francophones qui sont souvent laissés de côté au profit des auteurs de bestsellers étrangers.

C’est dans ce contexte que je souhaite lancer les Éditions Draumheir, une maison d’édition dédiée aux littératures de l’imaginaire francophones.

Son identité visuelle est construite autour de l’idée de passage du monde réel au monde du rêve, Draumheir étant un nom construit signifiant « royaume du rêve ». Et ce passage est symbolisé par la présence discrète du gobelin Grimms, dont le nom fait référence aux frères Grimm mais également à un personnage que j’ai créé pour un roman que je suis en train d’écrire (j’aime façonner les livres, mais aussi les écrire !). Il est le gardien de Draumheir qui choisit avec soin chaque histoire. Mes trois collections représentent les trois genres principaux de l’imaginaire à savoir la fantasy, la science fiction et le fantastique.

Mon identité visuelle, en plus d’incarner ma maison d’édition, est aussi un reflet de qui je suis et de ce que j’aime particulièrement.

En cliquant sur l’image, retrouvez un petit aperçu de la magnifique identité visuelle réalisée par Pauline Goffin dans le cadre de sa formation

Identité visuelle créée par Pauline Goffin dans le cadre de sa formation professionnel Design Graphique

Pour la couverture d’Abysses Mortelles, tu as combiné Illustrator, Photoshop et Adobe Firefly. Comment as-tu intégré l’IA générative dans ton process, et quelle place lui donnes-tu aujourd’hui ?

Il était important que je sache utiliser l’IA suite à la formation pour pouvoir répondre aux défis de demain avec sa place de plus en plus importante dans nos vies, mais je n’aime pas l’utiliser.

L’IA est très puissante, mais elle n’aura jamais la capacité de créer quelque chose avec du sens, avec une patte graphique, avec un univers cohérent qui répond à une demande.

L’art est une question humaine qui puise dans les émotions, les ressentis, les expériences, les inspirations et aspirations que seuls des humains peuvent avoir.

Exemple de l’utilisation de l’IA par Pauline, dans le cadre de sa formation.

Création d'un visuel avec l'aide de l'IA

Avec le recul, est-ce que tu portes un regard différent sur ton travail ? Y a-t-il des choses que tu fais aujourd’hui et que tu n’aurais pas osé faire avant ?

Mon travail s’est grandement amélioré grâce à la formation. Je ne me force pas à travailler sur un seul logiciel, mais je navigue entre Photoshop, InDesign et Illustrator pour créer un visuel impactant en exploitant les forces de chacun des trois logiciels. Je travaille également beaucoup plus mes typographies que j’avais tendance à négliger par méconnaissance.

Tu souhaitais proposer tes services de graphiste aux auteurs indépendants pour financer, à terme, ta propre maison d’édition. Maintenant que tu as terminé, où en es-tu dans ce projet ?

J’ai décidé de lancer officiellement ma maison d’édition début 2027. Le business plan est réalisé, son identité visuelle est prête : il ne me reste plus que l’aspect financier et administratif à arbitrer.

Et maintenant que ma certification est validée, je vais également commencer à proposer mes services de graphiste aux auteurs indépendants et maison d’édition.

J’ai aussi décidé de prendre des cours de dessin pour ajouter une corde à mon arc.

Si vous souhaitez prendre contact avec Pauline, rendez-vous sur son LinkedIn @pauline-goffin

Que dirais-tu à quelqu’un qui, comme toi au départ, bricole déjà des visuels dans son travail mais n’ose pas se dire graphiste ?

Être graphiste, ce n’est pas seulement maîtriser des logiciels ou savoir dessiner. C’est avant tout une intention.

Si derrière chacune de tes créations, chacun de tes choix graphiques il y a une signification, alors tu es graphiste. Mais si tu ressens le besoin de comprendre ton instinct et que tu doutes sur tes capacités dans ce domaine, n’hésite pas à te former et tu verras que tu était graphiste depuis toujours.

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