Le parcours de Coline n’a rien de linéaire. Après une formation en arts appliqués, un passage par le journalisme et plusieurs années en entreprise, le graphisme est resté en filigrane, pratiqué sans jamais être pleinement assumé. Jusqu’au moment où elle décide de se former sérieusement, tout en étant salariée, pour en faire son cœur de métier. Dans cette interview, Coline revient avec lucidité sur ses choix, ses doutes et ce que le parcours Designer Graphique lui a réellement apporté.

Ce qu’il faut retenir :

  • Un parcours pro n’est pas toujours linéaire — et ce n’est pas un problème.
  • On peut se former sérieusement au graphisme tout en étant salariée, avec de l’organisation.
  • Progresser, ce n’est pas juste apprendre des outils, c’est aussi comprendre pour qui et pourquoi on crée.
  • Le regard d’un mentor aide à prendre confiance et à structurer sa pratique.
  • L’envie, la curiosité et le goût du visuel font la vraie différence sur la durée.

Bonjour Coline ! Pour commencer, peux-tu nous en dire plus sur ton parcours ?

Bonjour Sophie ! En terminale je me suis intéressée aux arts plastiques et j’ai pris l’option. Bac en poche avec notes moyennes, sauf en art plastique où mon travail a reçu une excellente note, 18, je me suis orientée vers une MANAA (Mise à Niveau en Arts Appliqués) dans une école parisienne. L’année suivante, je me suis inscrite en BTS de communication visuelle et graphisme en alternance. J’ai beaucoup apprécié cette formation, l’exigence des profs et l’intensité du rythme. Mais je n’avais pas la maturité et la gniac suffisantes. Ne bossant pas assez, j’ai raté l’examen sans surprise au terme des deux ans d’études ! Je me suis alors convaincue que cette voie n’était pas la bonne pour réduire la déception de cet échec dont j’étais l’architecte. 😂

Ici ont commencé plusieurs années de tâtonnement, de recherche de moi-même et de ce que je voulais faire. Je suis entrée dans une école de journalisme qui m’a permis d’acquérir le niveau bac+3 en validant mes acquis. Puis j’ai enchaîné avec le Mastère 1. Durant ces années-là, j’ai fait de l’alternance dans plusieurs structures, une agence de relations presse, un média célèbre mais seulement grâce à mes modestes connaissances de PAO et la suite Adobe. Ensuite je suis devenue rédactrice web pour un autre, puis encore un autre, ce dernier pratiquant ce qu’on appelle du « pute à clics », cela a grandement émoussé ma motivation… mais cette structure me propose un CDD suite à la validation de mon Mastère 1. À la fin du contrat, j’ai claqué la porte. J’ai ensuite pris 2 mois pour voyager et passer mon permis de conduire.

Ressourcée par le voyage, fière et boostée par l’obtention d’un permis réussi du premier coup, j’ai décidé de reprendre les études pour avoir un bac+5. J’ai donc recherché un Mastère 2 en communication, également en alternance. École trouvée, dossier accepté, j’ai dû trouver l’entreprise. Une Fédération nationale dans laquelle je travaille toujours, a signé le contrat d’alternance. Un an plus tard, elle m’embauchait en CDI, Mastère 2 également en poche.

Tu semblais déjà avoir un pied dans le graphisme avant la formation. Qu’est-ce qui t’a poussée à te lancer dans une formation complète en design graphique ?

Je n’ai jamais cessé de bricoler avec Photoshop mais de manière très amatrice, sachant la puissance et les immenses possibilités de ce logiciel. Au fil des années j’ai également réutilisé Illustrator, puis InDesign, toujours en amatrice. Proposant mes services en PAO au sein de la Fédération, de plus en plus fréquemment, on m’a alors proposé de réaliser des affiches, des visuels puis des dépliants, des infographies, etc. J’y ai rapidement pris goût tout en réalisant que la structure exprimait un réel besoin en interne. Je me suis alors mise à chercher une formation professionnelle de haut niveau dédiée pour ensuite faire du graphisme mon activité à plein temps, ce qui m’a menée à Tuto.com !

Tu étais salariée pendant ta formation — comment as-tu réussi à t’organiser entre ton travail et ton apprentissage en ligne ?

Ma hiérarchie a accepté que je dédie deux jours par semaine à la formation. Et le reste du temps, je travaillais le week-end et parfois le soir. C’était sportif !

Avant de débuter le parcours, tu disais vouloir passer du niveau intermédiaire à confirmé sur Photoshop, Illustrator et InDesign. Avec le recul, comment décrirais-tu ta progression ?

J’ai ressenti de réels bonds de niveau sur de nombreux aspects de chaque logiciel, ça a été un immense plaisir de sentir cette progression même s’il reste toujours un océan de choses à apprendre, vu la richesse de ces trois logiciels et leur potentielle évolution, il faut se former et pratiquer régulièrement !

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Comment s’est passée ton expérience sur la plateforme Tuto.com ? L’approche 100 % en ligne t’a-t-elle convenu ?

Pour mon caractère et le fait que j’étais dans le monde du travail depuis pas mal d’années, c’était parfait pour moi. J’ai pu pratiquer les cours en ligne autant dans le train que chez moi et quand je le voulais. Par contre, une rigueur d’organisation a été nécessaire pour maintenir un rythme régulier. Cela n’a pas été tout le temps facile, soyons honnête, il a parfois fallu s’accrocher !

Tu mentionnes avoir été bien accompagnée par Clervia et ton mentor Damien. Peux-tu nous en dire un peu plus sur ce suivi et sur ce que tu en retiens ?

Ils ont tous les deux été adorables, à l’écoute et disponibles quand j’en avais besoin. Ils m’ont encouragée, ils ont été compréhensifs sur la charge de travail professionnelle que je devais mener parallèlement à la formation, sans surprise, ça aide ! Damien m’a soutenue, aidée à prendre confiance en m’accompagnant comme un coach bienveillant, me donnant des conseils, en parlant graphisme en général pendant les sessions. On aimerait que tous les profs soient comme ça !

Ton projet de fin de parcours portait sur la Fédération Française des Diabétiques. Peux-tu nous expliquer pourquoi tu as choisi ce thème et comment tu as imaginé cette charte graphique fictive ?

Il me semblait intéressant de travailler sur une structure que je connaissais bien, ça me permettait de poser un cadre pour pousser mes réflexions. J’ai trouvé ça challengeant et ancrant les enjeux de ce travail dans le réel. Par intérêt spécial pour le graphisme touchant des structures dévouées au bien commun, telles que la plupart des associations, souvent philanthropiques ou engagées, c’était un choix assez évident pour moi.

Le rendu final a été salué par ton mentor comme particulièrement professionnel. Qu’est-ce qui, selon toi, a fait la différence dans la réussite de ce projet ?

J’imagine que Damien pourra sûrement mieux répondre que moi, étant donné son expérience dans le métier et en tant que mentor de nombreux étudiants ! Mais selon moi, je dirais que c’est connaître sur le bout des doigts ou presque la structure avec laquelle on travaille en tant que graphiste, ses enjeux, ses raisons d’être, ses difficultés, son écosystème, son histoire, etc. C’est ce qui permet de proposer une intention graphique finement ciselée pour cette structure et pas une autre.

Voici l’excellent travail de Coline qui a réalisé une charte graphique complète fictive. Vous pouvez cliquer sur le visuel pour la découvrir en intégralité.

Aujourd’hui, tu as pu évoluer dans ton poste et te consacrer pleinement au graphisme. Qu’est-ce que cela a changé pour toi au quotidien ?

Je pense que ça m’a confortée dans l’idée que j’ai fait le bon choix. Je me sens davantage alignée avec ce que j’aime faire, tout paraît plus évident. C’est un métier qui me stimule, la motivation vient naturellement ! J’ai la chance que la Fédération dans laquelle je travaille, rende cela possible, car la structure et les personnes qui la composent sont très importantes aussi.

Un conseil pour quelqu’un qui hésite à se lancer dans une formation dans le graphisme ?

Honnêtement je ne sais pas trop, ça dépend du caractère, du parcours et du timing de vie de chacun. Si c’est pour une reconversion par exemple, ce n’est évidemment pas à prendre à la légère d’après moi.
>Mon parcours est un peu particulier parce que j’avais déjà un peu étudié et bossé en tant que graphiste après le bac, donc l’intérêt pour la discipline était déjà là.

Je vais plutôt parler de mes questionnements, de mon cheminement et de ce qui m’a décidé à franchir le cap. Je ne dis pas que c’est une des conditions siné qua none pour faire cette formation et ce métier, et au risque d’enfoncer une porte ouverte : il faut avoir à mon sens un vif intérêt pour tout ce qui est graphique. Par exemple, quand je prenais le temps avant, je pouvais zoner sur Pinterest ou autre site pendant des heures, regarder des créas d’artistes et les ajouter à ma bibliothèque pour les observer en détail. Aujourd’hui je le fais moins mais je me reconstitue une bibli de visuels d’inspiration sur Cosmos.so, que je recommande ! J’ai l’impression d’avoir toujours eu une réelle appétence et appréciation visuelle pour ce qu’on peut percevoir comme graphique en général. J’ai régulièrement l’œil attiré par des couleurs, des compositions, des formes, des photos, des typographies, des mises en page, des motifs en tout genre, des affiches de film ou autre, des flyers, des stickers, des BD/roman graphiques, etc.

Il y a 3 ans j’ai remarqué que j’étais vraiment stimulée, contente et ultra motivée quand j’ouvrais la suite adobe pour bricoler et réfléchir à la création d’un visuel. J’imagine qu’il faut avoir une appétence pour les logiciels aussi, dont certains peuvent ressembler au premier abord à des usines à gaz ! Ce qui, par exemple, m’a toujours plu, apprendre à les apprivoiser petit à petit comme on découvre un nouveau langage… Par contre, paradoxalement, la perspective de passer d’innombrables heures devant un ordinateur ne m’enchantait pas. Au début, c’était pour moi un critère un peu rebutant, mais l’intérêt pour la discipline me l’a fait oublier ! Ca reste un paramètre à prendre en compte… Surtout avec les effets néfastes du sédentarisme qu’on connaît tous aujourd’hui ! Tous les métiers de bureau / ordinateurs doivent s’accompagner d’une bonne hygiène de vie. Comme faire de l’activité physique régulière, bureau assis-debout, et tutti.

Les deux années qui ont précédé le début de ma formation, à force de bricolage, mon envie de comprendre comment tel ou tel visuel était fait, d’identifier telle ou telle technique a grandi. J’avais vraiment envie d’aller plus loin dans la théorie et la pratique. Donc à ce moment-là, malgré la peur de l’échec, je me suis autorisée à penser que je pouvais moi aussi faire ce métier même si je repartais quasiment de zéro. L’envie et la curiosité ont dépassé tout le reste…


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Retrouvez le profil Linkedin de Coline : @coline-pascal

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